Buste d'Aristophane
Buste d'Aristophane © corbis

Nous sommes au Ve siècle avant notre ère. C’est le temps de Socrate et des cogitos penseurs, dit Aristophane. Celui, surtout, de l’interminable guerre contre Sparte qui entretient une anxiété constante à Athènes.

Aristophane se demande où sont passés les hommes de Marathon et de Salamine, les paysans frugaux de l’antique Attique. Tout de même, ceux qui étaient là avant étaient plus éveillés que ceux d’aujourd’hui. Un grand spécialiste, l’américain Eric Segal – l’auteur de « Love story », eh oui – observe qu’il en reste chez Aristophane « des vieux gaillards qui sont plus malins que leurs idiots de fils » .

Cependant on ne peut faire revenir le passé. Autant rire de ce qui est là. De ceux qui sont là et qui ne sont évidemment pas ce qu’ils prétendent être. La cible préférée d’Aristophane, ce sont les démagogues qui aspirent à conduire les autres. En fait, des femmes (c’est dire !) ou un marchand de boudin pourraient aussi bien faire l’affaire : la confection du boudin et l’art du discours électoral, n’est-ce pas la même chose ? Un autre grand spécialiste de l’hellénisme, lyonnais celui-là, Edouard Herriot, a parfaitement traduit Aristophane d’une phrase : « La politique, c’est comme l’andouillette, c’est meilleur quand il y a de la merde dedans » .

A force de citer des vedettes du XXème siècle - Herriot, l’auteur de « Love Story »… on pourrait croire que les Grecs et nous, c’est du pareil au même. Ce n’est pas parce qu’Aristophane a commis le prodige de les faire rire de tout, de leurs dieux comme de leurs maîtres, que le rire des Grecs était pour autant semblable au nôtre.

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