La démocratie indienne, qui a perduré, doit beaucoup à l’originalité de l’expérience gandhienne. 70 ans après son assassinat, elle ne ressemble pas nécessairement à celle qu’avait imaginée le Mahatma. Elle est devenue un grand pays émergent. Un milliard trois cent millions d’habitants, 7% de croissance...

Le Mahatma Gandhi en 1946 lors de sa tournée dans la province du Bengale
Le Mahatma Gandhi en 1946 lors de sa tournée dans la province du Bengale © AFP

Le mal est en nous qui amène la violence. Et la violence doit être tenue à l’écart. Dirigée contre l’adversaire, elle n’est pas féconde; d’ailleurs, Gandhi ne se connaît pas d’adversaire. Si, dans un combat juste, il est légitime d’utiliser la violence, c’est seulement contre soi-même, par exemple dans une grève de la faim.

Ce langage de l’amélioration de soi est classique dans l’expérience spirituelle. L’originalité de Gandhi, c’est qu’il l’introduit dans l’expérience politique, s’en servant comme d’un levier.

Devant lui, il a une tâche surhumaine : accompagner vers l’indépendance un sous-continent entier, fracturé de divisions semble-t-il inexpiables. Il parie sur l’unité. L’unité de la nation. L’unité de la société dont les membres sont comme ceux d’un corps : ils ont besoin les uns des autres. A ceux qui lui reprochent de ne pas se situer clairement entre hindous, musulmans, jaïnistes etc… il répond qu’il croit aussi à l’unité fondamentale des aspirations religieuses. 

A l’origine, Gandhi n’est pas du tout un partisan de la représentation parlementaire. Il n’est pas non plus un démocrate, au sens où l’entend l’Occident. Mais il apparait peu à peu que son langage spirituel entretient des affinités avec le vocabulaire de la démocratie qu’il pratique de fait par son sens de l’écoute et sa recherche du compromis. La démocratie indienne, qui a perduré, doit beaucoup à l’originalité de l’expérience gandhienne. 

70 ans après son assassinat, elle ne ressemble pas nécessairement à celle qu’avait imaginée le Mahatma. Elle est devenue un grand pays émergent. Un milliard trois cent millions d’habitants, 7% de croissance, cent têtes nucléaires et davantage… Modi, Premier ministre, nationaliste hindou, parle le langage de la puissance. Mais pour dire quoi ?

Beaucoup d’habitants du mondes espèrent toujours de l’Inde qu'elle tienne un langage universaliste comme à l’époque de Gandhi.

Programmation musicale : BOF du film "Le salon de musique" de Satyajit Ray

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