Fidelio, c’est un opéra mieux que national en Allemagne : cette année anniversaire, il fait l’objet de huit productions différentes. Les langues perfides disent même que c’est un opéra supranationalement allemand.

Représentation de Fidelio de Beethoven à l'Opéra de Lyon en 2013
Représentation de Fidelio de Beethoven à l'Opéra de Lyon en 2013 © Getty / Robbie Jack

Il est vrai qu’en France, il est plus rarement donné. Et pourtant, l’œuvre-source est un opéra-comique français, représenté pour la première fois à Paris en 1798 et intitulé Léonore.  L’argument de Léonore a été repris par Beethoven. Un jeune homme, Florestan, semblable aux victimes de la Terreur, a été jeté dans un cul de basse fosse. Son amoureuse, Léonore, se travestit en homme et devient sous le nom de Fidelio, aide-geôlier de la forteresse.Le livret de 1798 sur lequel Beethoven s’appuya était larmoyant, dans le goût du temps. On reprocha au compositeur d’être un vieux garçon qui chantait l’amour sans le connaître réellement. La création en 1805 se passa mal : Vienne était occupée par les Français qui peuplaient la salle et Beethoven était mécontent de tout – du public, du chef, des interprètes.Plus tard, le compositeur reprit  Léonore. Il y eut un Leonore II, un Leonore III. Finalement, l’œuvre fut reprise en 1814 sous le nom, cette fois,  de Fidelio et donnée pour les souverains restaurés de la vieille Europe qui tenaient congrès à Vienne après la défaite de Napoléon, la situation politique était exactement l’inverse de celle de la création.Nos invités, Philippe Gumplowicz et Jean-Claude Yon, ont initié  en 2018 un vaste programme qui concernait à la fois des universitaires et des acteurs du monde lyrique. Ils ont, entre autres, organisé un colloque sur Fidelio et suscité la recréation de l’œuvre de Gaveaux par les élèves du Conservatoire de Paris.

Bibliographie :

  • Le Génie de Beethoven de Bernard Fournier (Fayard).
  • Beethoven de André Boucourechliev (Seuil).
  • Ludwig van Beethoven de Jean Massin, Brigitte Massin (Fayard).
  • Ludwig van Beethoven de André Tubeuf (Actes Sud).

Programmation musicale :

  • Air de Marcelline, Léonore de Pierre Gaveaux, interprétation de Laurence Pouderoux.
  • Quatuor (Acte I scène 3), Fidelio, dirigé par Claudio Abbado pour l'Orchestre du festival de Lucerne.
  • Choeur des prisonniers, Fidelio, dirigé par Ferenc Fricsay pour l'Orchestre philarmonique de Berlin.

La folle journée de Nantes

Emission de France Musique par Aurélie Moreau "Le van Beethoven", du lundi au vendredi à 17h.

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