L'une des figures les connues du christianisme de la libération qui prend son envol en Amérique latine dans les années 1970, c'était le brésilien Dom Helder Camara. "Aussi longtemps que je demandais aux gens d'aider les pauvres, remarquait-il, on m'appelait un saint mais lorsque j'ai posé la question: pourquoi y a-t-il tant de pauvreté ? On m'a traité de communiste."

Le Christ rédempteur dominant la ville de Rio de Janeiro (Brésil)
Le Christ rédempteur dominant la ville de Rio de Janeiro (Brésil) © cc / Mark&Tara

Camara n'a jamais été fait cardinal. Il a été soigneusement remplacé par un conservateur. Comme les autres évêques de son courant, très surveillé par Rome.

Et voilà que survient au Vatican un pape Bergoglio qui n'est pas sans ressembler à Camara. Il aime comme lui habiter ostensiblement des lieux modestes. Il a, comme lui, exercé ses fonctions dans un étau politique et au milieu des soubresauts d'une Eglise violemment partagée entre conservatisme et mouvement social.

Avec ce pape, des questions et des fractures que l'Europe catholique déclinante avait oubliées. François en appelle à l'unité mais privilégie la pauvreté, en appelle à la charité mais ajoute : la forme conséquente que doit prendre la charité est la politique.

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Elefante Blanco

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