Lech Walesa célébrant la victoire après la grève des chantiers navals de Gdansk en 1980
Lech Walesa célébrant la victoire après la grève des chantiers navals de Gdansk en 1980 © Bettmann/CORBIS

A peine revenu au pouvoir, le PIS, le parti ultraconservateur de Jaroslaw Kaczynski a multiplié les coups d’éclat. Perquisition chez la veuve du général Jaruzelski, celui qui proclama l’état de guerre en décembre 1981. Perquisition chez la veuve de son ministre, le général Kiszcak. De celle-ci, les nouvelles autorités de Varsovie sont revenues avec des archives qui documentent plus abondamment les relations de collaboration qu’aurait eues Walesa jeune ouvrier des chantiers navals de Gdansk avec la police politique.

Cette relation était connue depuis longtemps. Walesa s’en est plusieurs fois défendu : c’était moi qui piégeais les communistes plus qu’ils ne me piégeaient. Ce qui est sûr, c’est que, de cette emprise consentie en 1970, il s’est peu à peu dégagé dès 1973, jusqu’à pouvoir la rompre en 1976. C’est plus tard en 1980 qu’il devient le leader que l’on sait, à la tête de Solidarnosc, et plus tard encore, en 1988-1989 qu’il accepte de négocier avec le pouvoir communiste autour d’une table ronde qui évita le pire au pays.

Mais voilà, La Pologne selon Kaczynski doit renvoyer dans les ténèbres extérieures les hommes qui, d’un côté et de l’autre, ont ménagé les transitions de la décennie 1980. La dénonciation de Walesa en accompagne et en annonce d’autres. Il a en effet été le premier président élu de la nouvelle République, en 1990 : c’est celle-ci, dans son ensemble, qui est visée. Si Walesa n’a été qu’un agent, la République n’est qu’un théâtre de marionnettes manipulé par les anciens communistes et les commissaires de Bruxelles … Il faut la remplacer par un pouvoir enfin pur, préservé des migrants qui apportent des maladies, des riches qui trahissent et des cosmopolites qui prônent le mélange des races etc… Certains partisans de Kaczynski disent qu’il faut aussi se méfier des cyclistes et des végétariens. A l’heure qu’il est, on ne sait pas bien pourquoi mais des dossiers encore secrets l’expliqueront un jour.

Les invités
Les références
L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.