"De l'Atlantique à l'Oural" : pour marquer que l’Europe était un ensemble déterminé par sa géographie, il est arrivé au général de Gaulle d’utiliser toutes sortes de formules.

Charles de Gaulle s'entretient en aparté avec Leonid Brejnev et Aleksei Kossyguine en présence de Maurice Couve de Murville, ministre des Affaires étrangères (de dos à droite), le 26 juin 1966
Charles de Gaulle s'entretient en aparté avec Leonid Brejnev et Aleksei Kossyguine en présence de Maurice Couve de Murville, ministre des Affaires étrangères (de dos à droite), le 26 juin 1966 © AFP

Pour marquer que l’Europe était un ensemble déterminé par sa géographie, il est arrivé au général de Gaulle d’utiliser toutes sortes de formules : il a même parlé une fois d’un continent qui allait de l’Islande à Istanbul. Mais sa formule préférée consistait à le faire partir de l’Atlantique pour le projeter jusqu’ à l’Oural. L’expression fut prononcée dès 1950, elle retint l’attention, et de Gaulle la répéta en public une bonne quinzaine de fois.

Le magicien du verbe n’entra d’ailleurs jamais dans le détail de ce que la formule recouvrait précisément.

En revanche, il croyait en une relation singulière de la France et de la « Russie éternelle ». Comme, d’ailleurs, en une relation particulière avec l’Allemagne – sauf qu’avec la Russie, malgré les campagnes de Napoléon Ier et de Napoléon III, nous n’entretenions aucun vrai grief. Nos intérêts pouvaient même souvent coïncider. Aussi, au nom de l’histoire et de la géographie, la Vème République mit-elle en œuvre une politique « de détente, d’entente et de coopération ».

Aujourd’hui que revient le refrain de l’Atlantique et de l’Oural, il importe néanmoins de souligner que la politique gaullienne ne signifiait nullement fascination pour le régime alors au pouvoir à Moscou. Au contraire, l’espoir formulé était que disparut à terme le régime que la Russie s’imposait à elle-même et imposait à l’Europe de l’Est, dont on souhaitait qu’elle rejoigne l’Europe de l’Ouest. D’ailleurs, au total, sous de Gaulle, les années de difficultés avec Moscou furent nombreuses et, après l’occupation soviétique de la Tchécoslovaquie, le règne s’acheva sous le signe du refroidissement. En tout cas, on ne voit pas que le général ait jamais fait applaudir en meeting les dirigeants de Moscou.

Programmation musicale : "Nathalie", Gilbert Bécaud, 2014.

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