Comment, à l’échelle du non consentement, hiérarchiser les niveaux ? L’hospitalité envers les réfugiés a été une forme de résistance même si ceux qui la pratiquaient dans les Cévennes ne la voyaient pas nécessairement ainsi.

Maison traditionnelle dans les Cévennes
Maison traditionnelle dans les Cévennes © Getty / Hans SILVESTER

Comment, à l’échelle du non consentement, hiérarchiser les niveaux ? L’hospitalité envers les réfugiés a été une forme de résistance même si ceux qui la pratiquaient dans les Cévennes ne  la voyaient pas nécessairement ainsi. Après la guerre, ils ont dit tout au plus : « Nous devions le faire, nous l’avons fait, c’est tout. Comment aurions-nous pu ne pas faire notre devoir ? » Quand ils n’ajoutaient pas, sourire en coin : « Et si c’était à refaire, on ne va tout de même pas vous révéler tous nos secrets ».

Un lieu de clandestinité non loin de la région est cependant devenu illustre. C’est le Chambon-sur-Lignon. C’est une cité-refuge. Des pasteurs qui méritaient leur nom puisqu’ils s’occupaient à la fois de tous et de chacun, un collège, des écoles, des hôtels… Tout un dispositif urbain y a été déployé pour protéger quelques centaines de personnes. Mais le Chambon était un isolat, alentour, c’était la Haute-Loire catholique et conservatrice qui restait assez passive.

Les Cévennes, en revanche, c’est toute une terre, faite de vallées inaccessibles et de hameaux dispersés, qui devient un refuge. Un continuum.

Toute une terre ? Il ne faut pas en exagérer l’étendue même si elle est très longue à parcourir. Une dizaine de cantons en Lozère et dans le Gard. Précisément le pays qui fut celui des camisards après la révocation de l’édit de Nantes. Une terre protestante devenue républicaine. Le régime de Pétain voulait enlever Marianne des mairies et les prêtres catholiques dans les églises le soutenaient majoritairement. Le choix et la réponse étaient simples. C’était : non. Et quand les populations rurales des Cévennes disent non, les autorités prennent garde à leur détermination.

C’est ainsi que beaucoup d’indésirables qui, bien souvent, n’avaient connu que les villes montèrent jusqu’à la châtaigneraie. Et on se poussa pour leur faire partager la soupe.

Programmation musicale : 90+ par Elliot Carter et Charles Rosen.

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