Nous sommes au printemps 1948. Les Britanniques, titulaires d'un mandat international devenu impossible à tenir, vivent depuis 1944 une confrontation armée avec les sionistes : essorés, ils sont heureux de passer le relais aux Etats-Unis qui vont jouer un rôle grandissant dans la région.

Julian's Way à Jérusalem dans les années 40
Julian's Way à Jérusalem dans les années 40 © domaine public / The Matson Photo Service

Les Juifs ne constituent encore, géographiquement, qu'un archipel mais ils sont autrement mieux organisés que les Arabes de Palestine. Ceux-ci manquent d'une représentation politique convenable : l'époque n'est plus à la révolte comme moins de dix ans plus tôt, ils semblent au contraire enfermés dans un attentisme passif.

L'ONU, avec le soutien des Etats-Unis et de l'URSS, a recommandé en novembre 1947 un partage très complexe : l'intention, en laissant les deux populations entremêlées, était de les contraindre à la collaboration.

L'interprétation de la période de violences qui s'ensuit est cruciale dans la guerre des mémoires que nous vivons aujourd'hui. Entre la recommandation de l'ONU et la proclamation de l'indépendance d'Israël, les dirigeants sionistes ont-ils joué double jeu et désarabisé massivement et en silence ? C'est le récit palestinien. Ou bien l'enchevêtrement des circonstances les a-t-il menés à un affrontement que beaucoup d'entre eux voulaient éviter ? A l'époque, l'opinion juive n'esquivait pas ce débat. Le philosophe Martin Buber disait: nous avons été réfugiés, nous ne sommes pas ici pour fabriquer des réfugiés à notre tour.

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Juifs & Musulmans - Si loin, si proches - Episodes 3 et 4

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Cours d'Henry Laurens au Collège de France Cours d'Henry Laurens que vous pouvez télécharger sur le site du Collège de France.

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