En 1799, Bonaparte plante là l’Orient qui résiste pour aller cueillir la France qui s’offre. Deux ans plus tard, les troupes françaises rembarquent à leur tour et avec elles les Égyptiens qui ont cru au langage de modernisation de la France et qu’il faut donc bien accueillir si on veut maintenir l’image miraculeuse de l’expédition. Au total, ce sont quelques centaines de personnes qui vont constituer une des premières « France arabe ».

L'escalier du Musée - par Jean-Baptiste Isabey - 1817
L'escalier du Musée - par Jean-Baptiste Isabey - 1817 © domaine public / Musée du Louvre

Les correspondances qu’ils échangent dans leur langue, l’arabe, et les cartons des archives militaires de Vincennes qui attendaient un lecteur, permettent de reconstituer leur parcours sur deux générations. Certains seront des mamelouks : Bonaparte a donné le nom de ceux qu’il prétendait éradiquer en Égypte à un petit groupe de soldats prétoriens dont il exigeait une fidélité aveugle en France. Beaucoup resteront des pauvres parmi les pauvres. Quelques-uns deviendront des orientalistes de première qualité. Quand on regarde le tableau du sacre de Napoléon de David, on en voit un, le troisième à droite derrière l’empereur, c’est un prêtre d’origine syrienne, il est professeur à l’École des langues orientales. L’Empire lui donnera un poste mais le contraindra au silence : le cosmopolitisme affiché, oui, mais répressif.

En 1815, beaucoup de réfugiés égyptiens de Marseille furent massacrés par les bandes de la Terreur blanche. Parmi les survivants, certains rentrèrent. Mais l’ascension sociale était toujours envisageable pour eux : à Paris, pendant la Restauration, l’égyptomanie était bien portée. C’est après l’expédition d’Alger de 1830 qu’il fut beaucoup plus difficile d’être français et arabe tout à la fois.

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