Le film révèle un vieux projet qu'avait Visconti de transposer Macbeth dans le monde contemporain. C’est en effet un passeport pour les enfers.

Les Damnés de Luchino Visconti (1969)
Les Damnés de Luchino Visconti (1969) © Getty / Archives Photos

Né le jour des morts en novembre 1906, il remarquait qu’on ne peut vivre si on n’est pas précédé. Pour sa part, il descendait des ducs de Milan et ses domestiques l’appelaient monsieur le comte. Ses producteurs lui trouvaient des comportements de prince de la Renaissance. En 1976, il eut un enterrement de roi.

En même temps, c’était un aristocrate d’un tempérament particulier : il n’y aurait pas eu d’œuvre de Visconti sans les contradictions de Visconti. Le cinéaste brésilien Glauber Rocha parlait de lui comme d’un marxisto-sexualo-aristocrate. Entendez qu’il était homosexuel et, depuis les années trente, le reconnaissait de plus en plus clairement. En outre, il avait basculé pendant la guerre du côté de la résistance au fascisme et du parti communiste : on l’avait vu dans les émeutes de rue « rayonnant de solidarité ». Son œuvre afficha souvent son attirance pour les dominés.

Lorsqu’il tourne Les Damnés, qui sort en Italie en octobre 1969, il est au sommet de sa maîtrise. Le film relève un vieux projet qu’il avait de transposer Macbeth dans le monde contemporain. C’est en effet un passeport pour les enfers.

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.