L'originalité française passait par le pacte que la nation - et l'Etat - avaient passé avec les paysans : propriétaires petits et moyens, chefs de famille, élus municipaux et soldats, ils étaient le socle de la République.

Agriculteur et sa vache Lourdaise à Lézignan - 1966
Agriculteur et sa vache Lourdaise à Lézignan - 1966 © Roland Darré / Roland Darré

Ce pacte a été renouvelé dans les années 1960 qui vont nous occuper aujourd'hui. La transformation radicale qui s'accomplit alors dans les campagnes est en fait une coproduction du pouvoir politique et des organisations majoritaires de la profession.

Au terme de cette révolution silencieuse, les résultats ne sont pas ceux qu'on préparait. Non seulement les exploitants agricoles ne sont plus que 450 000 mais on ne sait même plus comment les nommer tant leurs choix divergents : les uns se veulent d'abord entrepreneurs, les autres se revendiquent de nouveaux paysans et, entre les deux pôles, cohabitent toutes sortes de positions intermédiaires.

Divisés, les agriculteurs sont en outre devenus très minoritaires dans la France rurale. Ils n'en contrôlent plus ni le durable accroissement démographique ni les actuels soubresauts électoraux. Lesquels prouvent que, décidément, les équilibres anciens ne sont plus d'actualité.

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