1. La reine Beatrix a annoncé dès le 28 janvier son départ le 30 avril. Effacement calculé au millimètre comme l'était sa présence physique pendant son long règne. C'est une abdication en pente douce.
Allégorie de l'abdication de Charles Quint à Bruxelles le 25 octobre 1555 - Frans Francken le jeune - vers 1620
Allégorie de l'abdication de Charles Quint à Bruxelles le 25 octobre 1555 - Frans Francken le jeune - vers 1620 © domaine public / Rijksmuseum d'Amsterdam
  1. De Gaulle, expert en mise en scène, avait théâtralisé son premier départ. Il s'était fait photographier méditant devant la mer : "J'ai fait voir que mon départ n'était pas l'effet d'une colère irréfléchie ni d'une dépression causée par la fatigue, je n'ai rien annoncé de ce que je ferais ensuite." C'était une simili-abdication : la France est une république -moins que les Pays Bas mais tout de même !- et son chef, en réalité, attendait d'être rappelé.

D'ailleurs, est-il possible de trouver une forme pure et radicale d'abdication ? Avant Benoit XVI, il y a bien eu Charles Quint, aux Pays-Bas déjà. Sa renonciation- jusqu'à se retirer dans un monastère éloigné - avait un sens religieux autant que politique. Mais elle fut entendue très diversement. On ne descend pas du trône, pas plus que le Christ n'est descendu de sa croix, disaient les uns. D'autres notaient qu'il s'était retiré en robe de chambre bien chaude et non pas en chemise.

S'il y a bien quelque chose qui est propre à toutes les abdications, c'est qu'elles provoquent des conversations à n'en plus finir. Elles parlent à l'histoire.

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