Dietrich Bonhoeffer, pasteur luthérine et résistant au nazisme, en 1939
Dietrich Bonhoeffer, pasteur luthérine et résistant au nazisme, en 1939 © cc

Les Allemands qui contribuaient à la reconstruction de leur pays - de leurs deux pays - ont toujours voulu montrer qu’à côté des instigateurs du nazisme et de leurs millions de suiveurs, il y eut une résistance à Hitler.

Une résistance , des résistances ? L’opposition massive du mouvement ouvrier aux débuts du régime ne fut pas considérée après-guerre de la même façon selon qu’on était en RFA ou en RDA. Aujourd’hui encore, chaque milieu fixe sa loupe à sa façon, privilégiant qui la gauche, qui les chrétiens, qui les nationaux-conservateurs. Les étudiants de la Rose blanche à Munich en 1942 ou les 70 aristocrates mêlés à l’attentat du 20 juillet 1944 se retrouvent ainsi sous les feux de la rampe mais ce n’est pas demain qu’on se souviendra des anarchistes… Sans doute est-ce lot de toute Résistance que d’être un objet d’identification problématique.

La difficulté est d’autant plus grande qu’il est malaisé de borner les actes qui la constituent. Faut-il seulement regarder comme tels les gestes ouvertement politiques, posés par des groupes organisés ? Après les premières années d’opposition massive du mouvement ouvrier, ils ne pouvaient qu’être limités tant étaient grands les dangers encourus. La tendance, aujourd’hui, est à considérer davantage l’infra-politique. Robert Antelme, grand témoin de la déportation, notait que « tout rapport humain que des Allemands maintenaient à l’égard des persécutés pouvait être interprété comme un refus de l’ordre nazi. » Si on fait leur juste place à tous les refus symboliques, on voit qu’ une coriace société civile, faite d’individualités à la peau dure et de dissidences silencieuses, a pu se maintenir au sein de la « communauté du peuple » nazie.

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