Dans un documentaire sur Arte, consacré à l'esclavage en Afrique, il apparaît que non seulement le statut de l’esclave n’y disparaît pas du jour au lendemain mais que son institution remonte plus haut que les Africains ne le pensaient généralement et que ses routes ont dessiné sur le continent un véritable écheveau.

Vers 1896: Des esclaves enchaînés, gardés par un Askari indigène
Vers 1896: Des esclaves enchaînés, gardés par un Askari indigène © Getty / Hulton Archive

C’était un reportage de CNN l’an passé. Des migrants esclavagisés après leur entrée en Libye… Ces images ont provoqué une grande émotion. Les habitants de l’Afrique subsaharienne ont eu le sentiment de voir se rejouer une tragédie antique qui ne voulait pas quitter la scène et qui resurgissait, en 2017, comme un revif du passé.

France Inter a fait le choix d’en donner la transcription la plus sobre possible. D‘autres, comme BFM, en ont fait un mélodrame dont les véritables héros s’avéraient être les journalistes : gilet multipoches sur le dos et caméra à l’épaule, ils étaient statufiés pour avoir démasqué les trafiquants de chair humaine.

Arte préfère, à la télévision, un autre travail. Ce 1er mai, elle propose une soirée entière, en quatre épisodes, sur les routes de l’esclavage. L’Afrique y occupe une place sans pareille. Il apparaît que non seulement le statut de l’esclave n’y disparaît pas du jour au lendemain mais que son institution remonte plus haut que les Africains ne le pensaient généralement et que ses routes ont dessiné sur le continent un véritable écheveau.

Le travail auquel doivent s’atteler les Africains est difficile. D’un côté, leur conscience est heurtée par les reviviscences de l’esclavage ; de l’autre, ils apprennent sur lui ce que les spécialistes seuls savaient jusqu’ici.

Références

Programmation musicale : "Bashraf Salama" par Mila Na Utamaduni

Série documentaire "Les routes de l'esclavage" sur Arte le 1er mai à 20h50 (disponible en replay jusqu'au 29 juin 2018)

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