Semaine spéciale « La vie des animaux 3/5

Chien-messager du 10ème Bataillon du Régiment de Manchester en janvier 1918 à Cuinchy
Chien-messager du 10ème Bataillon du Régiment de Manchester en janvier 1918 à Cuinchy © domaine public / Imperial War Museum
L’écrivain Pierre Chaine avait eu l’idée de traiter son expérience des tranchées à la manière des « Mémoires d’un rat ». Combattant immobilisé, il avait vu le mouvement des rats se déplaçant en nappes sur les champs. Et la nuit, entendu leur tumulte derrière les planches qui retenaient la terre. Il avait apprécié à sa juste valeur le renfort des chats : chassés de leurs villages abandonnés, ceux-ci commençaient à revenir vers les hommes, par leurs rats attirés. Si l’histoire de la Grande Guerre se veut totale, elle doit donc intégrer, parmi ses acteurs, les rats, les puces et les poux mais d’abord tous les animaux mobilisés – il faudrait dire plus justement : réquisitionnés mais beaucoup servaient nominalement sous les drapeaux et quelques-uns furent même décorés. Bien sûr, la cavalerie traditionnelle fut vite balayée, la Grande Guerre devint de plus en plus industrielle, les véhicules à chenilles vinrent peu à peu prendre le relais des pauvres chevaux de trait qui s’enfonçaient dans les sols lourds. Il n’empêche, si on additionne les armées, furent engagés dans le conflit 100 000 chiens, 250 000 pigeons et 11 millions d’équidés. Chiffres qui en disent long sur l’étrangeté des comportements humains. Il est vrai qu’avec la Seconde guerre mondiale, ce fut pis. Les nazis en étaient venus à considérer beaucoup d’hommes comme inférieurs aux animaux. ## Evénement(s) lié(s) [Bêtes de Guerre](/evenement-betes-de-guerre)
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.