Douane
Douane © Dieter van Baarle / Dieter van Baarle

Produire en France... La formule fait de nouveau flores dans la campagne présidentielle. Mais produire quoi ? Seulement ce qui nous distingue particulièrement puisque, pour le reste, on peut prendre les choses là où elles coûtent le moins ? Au nom de cette théorie de la spécialisation, la Grande Bretagne, autrefois entrepôt du monde, a fini par se consacrer à la production à outrance... de la finance.

La grande majorité des Français se cabre contre cette logique absolutiste des marchés. Et demande à garder la possibilité de choix politiques : le libre échange est peut-être le bout du voyage mais, dans les circonstances présentes, ne faut-il pas emprunter la route de la protection de certains secteurs, au niveau national, au niveau européen ?

Ceux qui posent cette question font rejouer de vieux enjeux idéologiques propres à notre pays. Ils parlent comme nos vieux républicains: "Nous avons de tout, nous avons l'universalité mais à cause de cette universalité, nous avons l'obligation de nous défendre". Et ils réveillent notre vœu le plus cher: être une une démocratie de producteurs.

Certes... Sauf que le secteur industriel que la France a maintenu représente les 3/4 de nos exportations : c'est à l'extérieur que se situent les marchés qui tireront sa croissance. En même temps, on ne peut pas laisser notre production exposée au coût très bas du travail dans les puissances émergentes sans rien faire.

En fait, c'en est sans doute fini du protectionnisme, et aussi bien du libre échangisme, comme concepts fermés, idéologies définitives. Ce qui importe, c'est ce qui peut se compter : les résultats qu'on peut attendre de l'utilisation, comme leviers, des outils qu'ils fournissent tour à tour.

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