Portrait de Germain Muller
Portrait de Germain Muller © CC BY SA Claude Truong-Ngoc

Quinze ans, vingt ans ? Non. C’est pendant un demi-siècle, quasiment, que Germain Muller et sa fine équipe ont exercé leur art de la satire ! Mais les Français portent rarement leur regard à la hauteur des nids de cigogne. Ils méconnaissent l’esprit alsacien , qui serait si utile pourtant : avec lui, on est toujours sûr que le contraire, aussi, est vrai. Muller, pour notre malheur, n’a connu personne à Paris qui lui offre une plate-forme moqueuse, comme aujourd’hui France Inter à nos meilleurs amis les Belges… Si, Jacques Martin, qu’il avait formé, disait sa dette ! Mais qui prenait au sérieux Jacques Martin ?

L’Alsace ne se reconnaît aucune supériorité mais, quand elle se compare, elle se dit que le souvenir de Germain ne doit pas être jeté dans le Rhin.

Une sculpture vient d’être inaugurée aux portes de Strasbourg : sur un banc de grès, une Alsacienne de bronze portant un parapluie. Rien ne ressemble plus à une alsacienne qu’une badoise de l’autre côté de l’eau sauf que jamais une badoise ne nommera son parapluie : barabli.

La municipalité de Strasbourg poursuit l’hommage avec deux expositions qui ouvrent, l’une au Musée alsacien, l’autre au Musée historique.

« Par temps de pluie, il y a du soleil sous notre ombrelle »… Les changements de temps, l’Alsace en a tant connu… Sans remonter à l’époque de Louis XIV (mais il faudrait) : 1870, 1914… En Alsace, il faut s’attendre à ce que le contraire devienne vrai. Et le trouble est d’abord dans la langue, on ne sait laquelle utiliser pour dire le contraire de ce que l’on pense.

1939, Germain a seize ans. Le couloir venteux du Rhin, dans lequel il se tient de guingois, lui rappelle furieusement un peu le corridor de Dantzig, où va se déclencher l’incendie de la guerre…

Billets et programmes du « Barabli ». Coll. « Musée alsacien de Strasbourg »
Billets et programmes du « Barabli ». Coll. « Musée alsacien de Strasbourg » © CC BY SA Ctruongngoc

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