Michelet disait que faire de l’histoire amène à passer et repasser le fleuve des morts, au point que l’historien se perdait soi-même un peu de vue...

Du futur en histoire
Du futur en histoire © Getty / Roberto Machado Noa

Michelet disait que faire de l’histoire amène à passer et repasser le fleuve des morts, au point que l’historien se perdait soi-même un peu de vue. Michelet se retrouva ainsi très proche de Danton : était-ce parce qu’à force de le fréquenter, il était devenu son contemporain ou bien parce que Danton , dès les années 1790 s’était déjà projeté dans le XIXème de Michelet ? Les hommes du XVIIIème vivaient tournés vers le futur : « Ne laissons pas dire que nous n’étions pas meilleurs que ceux qui nous ont précédé. »

A1ujourd’hui, du moins dans nos sociétés, le feu du futur désirable s’est éteint. En son nom, tant de crimes ont été commis ! Le XXème a connu tant de catastrophes que la tâche la plus nécessaire nous paraît être de conjurer leur retour. Nous sommes dans une grande incertitude : où nos actions nous conduiront-elles, avons-nous encore la science de ce que nous faisons ? Plutôt que de refaire le monde, ne devrions-nous pas faire en sorte qu’il ne se défasse pas…

Dans cette perspective ou plutôt dans cette absence de perspective, où en est l’histoire ? Jusqu’au XVIIIème, on attendait d’elle des leçons. Puis elle annonça des futurs : « Chaque génération est un peuple nouveau », disait hier Benoit Hamon citant Alexis de Tocqueville. Mais maintenant que nous avons l’impression d’être jetés dans le brouillard, à une vitesse sans cesse accélérée ?

Article de François Hartog dans la revue Esprit du mois de Janvier 2017 : "La réforme au gré de l'Histoire"

Article de François Hartog dans la revue Esprit de Janvier 2017 : "Rouvrir les futurs"

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