L'empereur Claude va régner près de 14 ans, ce qui n’était pas joué d’avance. A Lyon, le Musée des Beaux-Arts lui consacre une grande exposition. C’est qu’il est né dans la ville, en 10 avant notre ère, et qu’il y est revenu plus d’une fois.

Portrait de l'empereur Claude au Musée archéologique national de Florence
Portrait de l'empereur Claude au Musée archéologique national de Florence © Getty / Mondadori Portfolio

Les successions à la tête de l’Empire n’obéissent pas aux règles qu’on connaîtra plus tard, par exemple dans le royaume capétien. Dans un même groupe familial aussi étendu que divisé, elles résultent  de stratégies dynastiques embrouillées et de rapports de force complexes. Claude, quinquagénaire, va succéder en 41 à son neveu, assassiné, qui était beaucoup plus jeune et à sa propre mort, très suspecte, en 54, son fils Britannicus sera escamoté au profit de Néron, son neveu…

On comprend que, dans les batailles qui préfigurent ces successions, il puisse être préférable de demeurer dans l’ombre. Ainsi Claude se laissa-t-il longtemps traiter comme un imbécile qu’il n’était pas. Quand Caligula choisit de le mettre en lumière, il tint à garder cette apparence. Imaginez dans la Maison Blanche de Trump, livrée aux caprices du souverain, un inspecteur Columbo qui reste dans son coin, affichant la modestie dans son vieil imper et bégayant.

Et puis, soudain, mais oui bien sûr, Claude-Columbo tire son épingle de l’imbroglio. Et il va régner près de 14 ans, ce qui n’était pas joué d’avance.

A Lyon, le Musée des Beaux-Arts lui consacre une grande exposition. C’est qu’il est né dans la ville, en 10 avant notre ère, et qu’il y est revenu plus d’une fois. Dans la grande affaire de son règne qui consista à arrimer l’Angleterre – la Bretagne, disait-on – au continent, il se servit de la ville comme base logistique arrière. On tient beaucoup à Lyon à la Table claudienne qu’il y fit graver et qui fut longtemps exposée sur la façade de l’Hôtel de Ville : elle témoigne de sa volonté d’étendre l’intégration à Rome des élites gauloises. Claude s’inscrit sans démériter dans un long mouvement de romanisation qui concerne aussi bien le droit, l’économie, l’urbanisme… Personnage longtemps déconsidéré, il  n’est certes pas à compter parmi les mauvais empereurs.

Exposition Claude, un empereur au destin singulier jusqu'au 4 mars 2019 au Musée des Beaux-Arts de Lyon.

Bibliographie :

Catalogue de l’exposition, réalisé avec le soutien de la Fondation de l’Olivier : Claude (Lyon, 10 av. J.-C. - Rome, 54 ap. J.-C.). Un empereur au destin singulier (Liénart).

Femmes influentes dans le monde hellénistique et à Rome. IIIe siècle avant J-C - Ier siècle après J-C de Anne Bielman, Isabelle Cogitore, Anne Kolb (Collectif) (Ellug).

Le doux nom de liberté. Histoire d'une idée politique dans la Rome antique de Isabelle Cogitore (Ausonius).

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Les invités
  • Isabelle CogitoreProfesseure de langue et littérature latines à l’université Grenoble Alpes
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