Les nuitées passées par des enfants en colonies ont diminué de moitié entre 1995 et cette date de 2014 où, à l’Assemblée, le sénateur Fortassin se laissait saisir par la nostalgie.

Les nuitées passées par des enfants en colonies ont diminué de moitié entre 1995 et cette date de 2014 où, à l’Assemblée, le sénateur Fortassin se laissait saisir par la nostalgie : qu’il est loin, disait-il, le temps des jolies colonies… Le sénateur Fortassin est un laïque, radical de gauche mais un élu catholique militant aurait pu parler de la même façon. En France, protestants, catholiques, socialistes, communistes, juifs et même un moment d’avant-guerre le mouvement d’extrême droite des Croix-de-Feu ont tous attendu des colonies qu’ils fondaient à qui mieux mieux une éducation récréative et combative, une éducation de témoignage.

Dans les années 1960-1980, temps de l’apogée auquel participèrent grandement les comités d’entreprise, l’accent était déjà mis sur un autre objectif : la simple socialisation : on se félicitait que la colonie apprenne aux enfants l’autonomie, en les plaçant dans un espace collectif, loin des parents.

Et maintenant les attentes ont encore changé. La simplicité voire la frugalité des colonies de naguère n’est plus de mise ; surtout le souci de la sécurité et de la protection a beaucoup grandi. Et aussi la volonté de comparer : avant de faire leur choix, les parents aiment mesurer l’offre en prestations diverses qu’offrent les colonies. D’où la multiplication des séjours courts et thématiques. Le coût des prestations en est évidemment augmenté. Et on en vient à ce paradoxe, parmi d’autres : les enfants des classes populaires qui étaient les premiers bénéficiaires des colonies s’en retrouvent aujourd’hui les premiers exclus.

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