Même si l'Europe occidentale feignit l'étonnement, le sort en était jeté depuis longtemps. Il était évident que Constantinople flottait dans ses remparts trop grands, si difficiles à entretenir. Elle était faite de vide plus que de plein.

L'entrée du sultan Mehmet II dans Constantinople par Jean-Joseph Benjamin Constant - 1876
L'entrée du sultan Mehmet II dans Constantinople par Jean-Joseph Benjamin Constant - 1876 © domaine public / Art Renewal Center Museum

Et l'empereur, anachronisme vivant, ne régnait plus que sur un domaine disloqué. Depuis 1371, il payait tribut au sultan, lequel menaçait régulièrement de porter le coup ultime, retenu seulement par d'autres urgences.

D'un côté, on peut donc dire que la date de 1453 n'a d'importance que relative. Mais, d'une autre, maintenir qu'elle eut son importance. La fin du vieil empire à dimension œcuménique coupe vraiment les ponts qui auraient pu être reconstruits entre l'orthodoxie et Rome ; quant à l'espace politique grec, auquel l'empire avait fini par se réduire, il s'enfonce dans la clandestinité : les Grecs de 2013 ressentent encore cette humiliation qu'ils attribuent volontiers à l'égoïsme occidental.

Les Turcs, en revanche, se souviennent qu'ils y ont gagné une capitale prestigieuse, dans une position géographique magnifique. Quel est le titre du film le plus coûteux du cinéma turc, 6 ou 7 millions de spectateurs en 2012, parmi lesquels le Premier ministre Erdogan, ravi ? Fetih 1453... La conquête 1453.

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