Ariane Mnouchkine demande, avec une belle régularité : « Qui veut faire un peu de théâtre avec moi ? » C’est ainsi que Georges Bigot a passé près de quinze ans au Théâtre du Soleil. Le Soleil qui, aujourd’hui, pour ses cinquante ans, donne « Macbeth ». Un Shakespeare tel qu’il est maintenant : ses rois sont des vivants, aucunement des gisants. Et, après Shakespeare, le Soleil se lancera sans doute, en prenant le temps qu’il faudra, dans une création contemporaine. C’est à cela que sert aussi Shakespeare : à entrer dans le présent. Quand la société est vivante, le Théâtre du Soleil est vivant.

Ceux qui sont allés - et donc retournés ensuite - à la Cartoucherie de Vincennes savent que, pour s’y rendre, il faut un tout petit peu de temps, comme pour un pèlerinage. Mais une fois qu’on y est, accueillis comme nulle part ailleurs, l’atmosphère irréelle du théâtre nous dit soudain beaucoup de vérités sur notre réel et on mesure soudain combien est sombre la société alentour dont Mnouchkine se réclame tout en se tenant en retrait.

Et, une fois renvoyés au monde tel qu’il est, le spectacle terminé, on se dit : aurons-nous encore demain suffisamment de vie sociale pour que les membres du Soleil qui engagent leur peau dans la compagnie puissent encore quelque chose pour nous ?

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Théâtre du Soleil La compagnie du Théâtre du Soleil est une compagnie de théâtre fondée sous forme de Scop par Ariane Mnouchkine en 1964.

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