La Reconduite du propriétaire - Honoré Daumier - 1847
La Reconduite du propriétaire - Honoré Daumier - 1847 © domaine public / Musée d'art du comté de Los Angeles

C’est une histoire bien française qu’on ne retrouverait pas ailleurs dans les mêmes formes.

D’un côté, priorité a été donnée à la propriété. Après la Révolution et dans le premier XIXème, la citoyenneté lui était liée. Ensuite, après l’accès de tous au suffrage universel, nombre de gouvernants ont vu dans l’accession progressive des citoyens modestes à la propriété un gage de stabilité sociale.

Car, d’un autre côté, même si les locataires ne se sont organisés que tardivement, leurs motifs de mécontentement ne peuvent pas ne pas être pris en compte. Par exemple, pendant les guerres, comment exiger des combattants ou de leurs épouses ou de leurs veuves le paiement strict des termes ? Les moratoires accumulés pendant cette période et les imbroglios qu’ils provoquent expliquent ainsi largement l’échafaudage de la fameuse loi de 1948.

En fait, dès le milieu du XIXème, l’Etat a dû arbitrer de plus en plus au nom de la santé par exemple avec la surveillance des garnis. Les propriétaires ont hurlé : la venue des inspecteurs dans nos immeubles, c’est l’entrée du socialisme. Puis l’Etat est intervenu plus directement. La loi qui lui permet d’être partie prenante dans la construction d’habitations à bon marché date de 1912.

Nous allons raconter l’histoire d’un ménage à trois : les locataires, les propriétaires et l’Etat…

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