Robespierre, bolcheviks chassés d'URSS, croisés, fanatiques de l'Apocalypse du Moyen-Âge : tous martyrs. Interrogeons donc les origines de ces formes de violence en Occident.

Le martyr de Sainte Ursula, tableau d'Hans Memling de 1489 conservé à Bruges
Le martyr de Sainte Ursula, tableau d'Hans Memling de 1489 conservé à Bruges © Getty / Print Collector

Robespierre qui fait le sacrifice de sa vie et tue les autres d’un même mouvement…Les vieux bolcheviks pourchassés par Staline et qui s’offrent en victimes consentantes, se félicitant que le drapeau rouge qui triomphera des ennemis de classe contienne aussi une goutte de leur sang…Sans doute ces martyrs du temps de la Nation et de la Révolution seraient-ils étonnés d’être rapprochés des croisés, des fanatiques de l’Apocalypse du Moyen-Âge, des ligueurs des guerres de religion.

Mais le pari qu’on fera aujourd’hui sera d’interroger les origines de ces formes de violence qui ne disparaissent jamais en Occident : régulièrement, elles ressurgissent des profondeurs, leur force de destruction restée intacte, quel que soit le renouvellement du terrain de surface. Le nom de Dieu a pu disparaître en apparence ou être remplacé par ses frères jumeaux, l’État, la Nation, la Révolution mais n’y a-t-il pas une matrice commune ? Et comme il convient de prendre le religieux au sérieux, ne faut-il pas la chercher dans le christianisme ?

On va se récrier. Le Christ a dit « Remets ton glaive au fourreau » et le christianisme a pu amener à la pacification voire au pacifisme, en passant par les droits de l’homme. Bien sûr. Mais il a été dit aussi « Qui n’est pas avec moi est contre moi ». Et le dernier livre du Nouveau Testament s’appelle… l’Apocalypse : le temps dernier est bi-partite, il amène la paix mais on baigne dans le sang jusqu’aux chevilles.

L’hypothèse aujourd’hui va être de se tenir du côté noir de la Force. « Je ne suis pas allé venu apporter la paix mais le glaive ». Faisons le pari d’aller jusqu’à la pointe du glaive.

Programmation musicale : "John brown's body", Pete Seeger, 1998.

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