Edmond Charlot à Pézenas en 2002
Edmond Charlot à Pézenas en 2002 © cc / David Huguenin

En 1936, il devient libraire-éditeur à Alger avec cette devise : « des jeunes, pour les jeunes, avec les jeunes » . Il nomme son étroite boutique « Les vraies richesses ». A ceux qui la fréquentent, il glisse un livre entre les mains : « Lisez ça, vous paierez plus tard. » Ou bien : « Vous ne connaissez pas Untel ? Vous devriez le rencontrer » . C’est ainsi que se constitua la « bande à Charlot ». Avec, tout de suite, Albert Camus et Emmanuel Roblès. Elle s’élargit quand Alger, en 1943, devient la capitale du gouvernement provisoire d’avant la Libération. L’impétueux Max-Pol Fouchet et le vieux Gide sont en ville, à demeure. Passent Kessel et Saint-Ex. Les productions de Charlot qui témoignent magnifiquement de la Résistance ne peuvent atteindre les rivages de la France occupée mais touchent la Méditerranée, d’un bout à l’autre.

Plastiqué par deux fois par l’OAS en 1961, ne voyant pas comment il pourrait publier dans le régime bureaucratique qui se mettait en place dans l’Algérie indépendante, Charlot travailla ici même à Radio France puis dans des postes culturels à Alger encore, Izmir, Tanger. Toujours sur les côtes de la « Mare nostrum ». A Pézenas, où il se retira dans une ultime boutique, le Haut Quartier, il fondera encore une association qu’il nommera « Méditerranée vivante ».

Il aurait eu cent ans en 2015. C’était un adolescent de quinze ans quand, en 1930, la France célébrait la conquête de l’Algérie.

Les liens

Le site du Centenaire Edmond Charlot L'association Méditerranée Vivante célèbre le Centenaire d'Edmond Charlot

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