Anna Marly, compositrice et première créatrice du Chant des partisans aurait eu cent ans aujourd'hui. Elle a également signé la musique d'une chanson cousine : la Complainte du partisan.

Maurice Druon et son oncle Joseph Kessel, réception au restaurant La Coupole à Paris - Décembre 1966
Maurice Druon et son oncle Joseph Kessel, réception au restaurant La Coupole à Paris - Décembre 1966 © Getty / Keystone France

D’un côté Kessel et Druon – le second ne pouvant s’empêcher de tirer un peu la couverture à lui. D’un autre côté,  Emmanuel d’Astier, qui disait n’être qu’une goutte d’eau dans sa genèse. On serait porté à croire que le Chant des partisans – qu’en 1944-1945 on nomma aussi Chant de la Libération – ne fut qu’une affaire d’hommes. Mais il eut  pour compositrice, et première créatrice, une femme : Anna Marly ! Et une autre l’interpréta aussitôt : Germaine Sablon, alors la compagne de Kessel. Dans la trentaine de versions qui suivirent, celles qui sont signées par des hommes sont les plus nombreuses : Montand, Johnny, Biolay, Murat… Il n’empêche. A l’origine,  cette chanson élue par les résistants et les maquisards de la France occupée, qui l’imaginaient sortie de leurs commandos virils, a été portée par deux muses de la France libre.

La liberté reviendra. On nous oubliera. Nous rentrerons dans l’ombre. 

C’est la fin d’une chanson cousine, encore plus belle, signée Emmanuel d’Astier, la Complainte du partisan, qu’interpréta aussi Anna Marly. Cette fois encore, sa mémoire a été quelque peu éclipsée lorsque Joan Baez et Leonard Cohen l’ont reprise.

La Complainte, protest song. Le Chant, guerilla song.

Anna Marly a participé à l’invention des deux genres puis s’en est allée loin des chemins du succès, quittant la France en 1947 pour n’y revenir que rarement. C’était un oiseau sur la branche. Elle aimait marcher dans le vent, son inséparable guitare sur l’épaule. 

Dans les lieux de rendez-vous de la France libre, elle se posait sur l’accoudoir d’un fauteuil et répondait, infatigable, à la demande de ceux qui voulaient l’entendre. En 1945, à l’ambassade anglaise à Paris, elle s’installa sur la cheminée. Montgomery lui rappela que ses soldats entonnaient le Chant dans le désert. C’est en fait Germaine Sablon qui l’avait popularisé en Afrique du Nord. Mais quelle importance ? Anna Marly, que tous auraient voulu avoir pour amie, resta insaisissable. Dans ses dernières années, elle vécut en Alaska. Dans le vent.

Programmation musicale

- Le Chant des partisans, de Joseph Kessler, Maurice Druon et Anna Marly ; interprété par Germaine Sablon

- La Complainte du partisan, d'Emmanuel d'Astier de la Vigerie et Anna Marly ; interprété par Anna Marly (1963)

Liens

L'émission Tour de chant de Martin Pénet sur France Musique du 29 octobre 2017 : Anna Marly et le Chant des partisans

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