Les néo-calédoniens aiment dorénavant à se dire océaniens. C’est une manière de dépasser l’affrontement funeste kanaks-caldoches et de reconnaître la diversité grandissante de la population de l’archipel, avec ses wallisiens, ses tahitiens, ses ressortissants d’Asie.

Carte de l'Océanie (1902)
Carte de l'Océanie (1902) © Getty / Print Collector

Les accords de Matignon en 1988 et de Nouméa en 1998 puis la loi organique de 1999 qui distribue les pouvoirs dans le territoire ont contribué à lever nombre des malentendus qui grevaient le rapport de la Nouvelle-Calédonie avec son espace environnant. L’acceptation par la France de la dénucléarisation de la zone a fait le reste.

Depuis que l’indépendance est devenue une possibilité voire un horizon, la Nouvelle-Calédonie fait moins figure d’exception dans la région. Depuis un demi-siècle, l’Océanie, continent d’îles, a en effet vu celles-ci devenir peu à peu des Etats. A dire le vrai, de bien petits Etats dont certains connaissent la misère et la faillite. C’est d’ailleurs une chance pour la Nouvelle Calédonie d’accéder à la maturité plus tardivement : elle peut se nourrir des contre exemples donnés par ses « voisins », le Vanuatu ou encore la micro république de Nauru qui, une fois son phosphate épuisé, n’a eu d’autre ressource que se reconvertir dans l’économie interlope.

Les néo-calédoniens aiment dorénavant à se dire océaniens. C’est une manière de dépasser l’affrontement funeste kanaks-caldoches et de reconnaître la diversité grandissante de la population de l’archipel, avec ses wallisiens, ses tahitiens, ses ressortissants d’Asie. Le « cinquième continent », longtemps négligé, étant à bien des égards un laboratoire du futur, devenir océanien, c’est une promesse. Mais ce ne sera pourtant pas une situation de tout repos. L’Océanie reste un espace de rupture, entre populations très anciennes et populations plus récentes. Entre les petits Etats faibles et les puissances régionales que sont l’Australie et la Nouvelle Zélande. Des puissances régionales qui ont longtemps été des shérifs-adjoints des Etats-Unis mais le leadership américain ne touche-t-il pas sa fin ? L’Océanie commence à vivre sous influence chinoise.

C’est d’ailleurs une des multiples raisons du désir qu’a la France de vouloir demeurer en Nouvelle-Calédonie : à 1500 kms de l’Australie, c’est la partie de notre pays la plus proche de la Chine, comme du Japon et de la Corée du Sud.

Programmation musicale : Geoffrey Gurrumul Yunupingu – Bapa (2008)

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