Le cimetière est devenu l’affaire des gestionnaires. L’espace manque. Comment trouver de la place dans les cimetières anciens ? Faut-il créer des cimetières nouveaux ? Les seconds ne peuvent plus prétendre aux qualités poétiques qu’ont acquises les premiers.

Vieux cimetière
Vieux cimetière © Getty

Le cimetière paroissial devient communal avec la Révolution. Un texte de 1804 : 24 prairial an XII - assure la réglementation. Chacun a droit à une sépulture et l’espace du cimetière est religieusement neutre : pas de regroupement confessionnel. 

Le cimetière, paroissial ou municipal, renvoie à une représentation imaginaire. Chacun continue de penser que la concession qu’il y a acquise est assurée de la perpétuité. Et tous sont attachés à l’aspect physique qu’il a pris avec les années.

Mais le cimetière est devenu l’affaire des gestionnaires. L’espace manque. Comment trouver de la place dans les cimetières anciens ? Faut-il créer des cimetières nouveaux ? Les seconds ne peuvent plus prétendre aux qualités poétiques qu’ont acquises les premiers : qu’on pense à Thiais ou à Bagneux.

Surtout, le mourir d’abord, la mort ensuite, ont changé. Il y a peu encore, les proches organisaient les obsèques comme ils pensaient qu’elles l’avaient toujours été. Aujourd’hui, avant de mourir, chacun souhaite prendre les dispositions qui lui sont propres. La crémation, devenue massive, est un des signes de cette individualisation. On veut aussi de plus en plus « ne pas embarrasser la planète ». Les transitions funéraires recoupent les transitions écologiques. À Ivry, la Ville de Paris propose un carré vert : cercueils en carton, stèles discrètes en bois d’essences françaises bien sûr et bucheronnées à proximité, en Île-de-France.

En Chine, le Parti traduit ces nouvelles intentions à sa façon, impérative. D’ici 2020, cinquante pour cent des funérailles devront être vertes, pratiquées avec des moyens biodégradables et la dispersion des cendres devra être préférée à leur conservation, encore trop coûteuse, dans un site.

Les morts occuperaient-ils trop de place dans le présent et faudrait-il laisser le monde aux seuls vivants ?

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