Quel que fût le sujet, Baudelaire se tenait dans une double postulation. Entre Dieu et Satan. Entre l’horreur de la vie et l’extase de la vie...

Charles Baudelaire par Gustave Courbet - 1847
Charles Baudelaire par Gustave Courbet - 1847 © AFP / Leemage

Un cimetière abhorré de la lune… Une nature instable et sans équilibre, disait le substitut Pinard pendant le procès des Fleurs du mal.

Quand il meurt, à 46 ans seulement, le 31 aout 1867, sa vie semble scellée par l’échec. A l’enterrement, ses amis ne forment qu’un mince cortège mais quand il entre au cimetière Montparnasse, un coup de tonnerre aurait éclaté. Baudelaire le solitaire était appelé à devenir l’unique, le classique des choses qui ne sont pas classiques.

L'oscillation entre Dieu et Satan

De son vivant, ce fut un être d’opposition. Son ennemi primordial fut son beau-père. Le général Aupick, grand notable de la Monarchie de Juillet et du Second Empire, n’était pas n’importe qui mais il incarna pour Charles ce que celui-ci détesta toujours : la satisfaction de soi, la morale conventionnelle.

Le général ne fut pas pour peu dans la mise sous tutelle du jeune Charles. De 1844 à 1867, Baudelaire dut sans cesse demander l’aumône à sa mère et à son notaire mais il aima toujours la première et, du second, il fit curieusement son confident. Ce révolté était aussi un soumis : sa tutelle, il la détestait et il la réclamait.

D’ailleurs, quel que fût le sujet, Baudelaire se tenait dans une double postulation. Entre Dieu et Satan. Entre l’horreur de la vie et l’extase de la vie. Entre la passion pour la nouveauté et la mélancolie des choses passées…

C’était un carrefour de désaccords. Il n’était guère démocrate mais il le serait devenu davantage s’il avait pu ajouter à la Déclaration des droits de l’homme le droit de se contredire.

Colloque sur la pensée de Baudelaire du 11 au 13 septembre 2017, à l'Hotel de Lauzun.

Programmation musicale : La femme maquillée de Arthur H

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