Rediffusion du mercredi 21 novembre 2012

"Ce que j'écris me déconstruit" disait-il. Sa phrase s'ouvrait sur des parenthèses, les parenthèses sur des puits dans lesquels il descendait en acrobate, la poésie et le roman s'entremêlaient : à raison de cinq pages par jour peut-être, il était en excursion et en re-création perpétuelles.

Louis Aragon à Lyon le 19 juin 1981 pour la présentation de "La messe d'Elsa"
Louis Aragon à Lyon le 19 juin 1981 pour la présentation de "La messe d'Elsa" © cc / Bernardo Le Challoux

Les dernières années, les murs de son appartement eux-mêmes entraient dans la danse; ils étaient tapissés jusqu'aux fenêtres de cartes postales, de tableaux, de photos: il les reclassait, les re-disposait sans cesse.

Selon lui, tout était réversible. Même le masculin et le féminin. Il avait voué sa vie, en vassal dépendant, à une femme unique; en même temps, Elsa Triolet savait qu'elle en continuait une autre et après sa mort, le voilà qui, découvrant de vieilles préférences, se présenta à son tour comme... une femme.

A ses camarades communistes à qui il restait fidèle mais qui le regardaient interloqués comme aux autres qui lui reprochaient ses dissimulations, il répéta jusqu'au bout: "Je ne suis pas celui que vous croyez" .

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