Semaine spéciale « La vie des animaux » 4/5

La trayeuse - gravure de Lucas van Leyden - 1510
La trayeuse - gravure de Lucas van Leyden - 1510 ©
Depuis plus de dix mille ans, les hommes et les animaux ont appris à échanger dans l’élevage. Mais celui-ci, dans les pays occidentaux du moins, connaît une mutation inédite. Pas seulement dans les effectifs qui avaient déjà connu un apogée au XIXe. Le plus significatif, c’est l’augmentation du rendement individuel. Dans le cas de la vache, c’est inouï. Elle a été transformée géométriquement, morphologiquement, arithmétiquement. Elle est devenue une usine animale alimentée par une machine alimentaire, logée dans une étable conçue comme une machine à habiter. Le prix à payer en est une perte de liberté pour les bêtes mais aussi pour les éleveurs. Les éleveurs devenus maillons dans une chaîne de rationalité économique. Victimes d’évolutions fortes des cours qui provoquent des effets de ciseaux, ils sont la cible des associations de protection des animaux. Lesquelles ont l’oreille des médias. Ils ont le sentiment d’être victimes de critiques injustes. Les éleveurs sont pris dans beaucoup de contradictions. La pire ? S’ils s’obstinent « dans le sentiment », ils sont regardés comme des demeurés qui restent au bord de la route du développement économique : c’est alors chez les bêtes qu’ils retrouvent l’humanité qui leur est enlevée.
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