Kurt Weill évoquait rarement la vie culturelle allemande qu’il avait tant marquée jusqu’en 1933. En 1943 il était devenu américain, au point de compter en anglais. En 1941, “Lady in the Dark” lui avait fait retrouver l’aisance qu’il avait connue en Allemagne avec "L’Opéra de quat'sous".

Maxwell Anderson et Rouben Mamoulian écoutant Kurt Weill au piano
Maxwell Anderson et Rouben Mamoulian écoutant Kurt Weill au piano © Getty / John Springer Collection

La vie de Kurt Weill aura été brève. Né avec le siècle, la mort le surprend pile au milieu.

Peu auparavant, il était allé rendre visite à sa mère et à son père, le vieux cantor de la synagogue de Dessau, qui s’étaient installés en Israël. Que se sont-ils dit ?

Kurt Weill, enchanté du voyage dans le nouvel état, tourné comme lui vers l’avenir, n’était pas à homme à ressasser le passé. Il évoquait rarement la vie culturelle allemande qu'il avait tant marquée jusqu’en 1933. Il ne montrait d’ailleurs aucun empressement à retrouver son compère Brecht ou le philosophe Adorno. Ni même à remonter ses œuvres d’autrefois.

Il était devenu américain. Au point de compter en anglais – tout en gardant sa réputation d’être intraitable en affaires. Lady in the Dark en 1941 lui avait fait retrouver l’aisance qu’il avait connue en Allemagne avec L’Opéra de quat'sous. En 1943, il avait obtenu la nationalité.

Le travail pour les industries culturelles US ne lui posait pas plus de questions qu’il n’en fallait. Il observait qu’autrefois, les polyphonistes avaient bien œuvré pour les Églises. Au contraire, il était inspiré par les théâtres de Broadway avec leurs techniciens impeccables et les studios de Hollywood avec leurs grands départements musicaux. Son plaisir a été de travailler pour un public populaire qu’il sentait bien mieux disposé à appareiller pour le large que les spectateurs européens des scènes subventionnées qu’il jugeait « empaillées ».

L'ouvrage de Laurent Valière : 42e rue - La grande histoire des comédies musicales coédition Marabout - France Musique 

Programmation musicale :

  • Kurt Weill "Johnny's Song" (Music For Johnny Johnson) par The Otaré Pit Band (direction Joël Cohen)
  • Kurt Weill "Lady in the Dark"
  • Kurt Weill "Lost in the Stars"
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