A ceux qui s’étonneraient d’un tel sujet dans une émission d’histoire, on répondra que beaucoup d’analogies peuvent être tressées entre l’histoire et l’herbe…Qu’est-ce que l’histoire ? L’écoute de ce qui longuement meurt. Et lentement naît. Jusqu’à surgir debout au printemps, tel un jet de sève.

Une histoire de l'herbe
Une histoire de l'herbe © Getty / Chris Winsor

A ceux qui s’étonneraient d’un tel sujet dans une émission d’histoire, on répondra que beaucoup d’analogies peuvent être tressées entre l’histoire et l’herbe…

Qu’est-ce que l’histoire ? L’écoute de ce qui longuement meurt. Et lentement naît. Jusqu’à surgir debout au printemps, tel un jet de sève. Le plaisir de marcher dans l’histoire vient de cette attente. Le plaisir de marcher dans l’herbe est le même.

Mais l’herbe affecte d’abord notre mémoire personnelle. Au temps de la pelouse peignée et du gazon qui ressemble à de la moquette, les enfants d’aujourd’hui ont souvent un rapport moins direct à l’herbe qu’autrefois. Il n’empêche. L’herbe provoque en nous des revifs de notre passé. Les pieds nus des premiers pas. Les premiers émois. Mieux : l’odeur du foin coupé depuis la fenêtre d’une porte ouverte peut faire revenir celle des fenaisons des très anciens temps alors même qu’on ne les a peut-être pas connues. Le poète dit qu’au milieu du troupeau de moutons broutant la prairie, il lui arrive de voir surgir la silhouette antique de Jacob ou d’Ulysse. 

C’est le poète, d’ailleurs, qui peut parler de l’herbe avec la plus juste simplicité. Et n’est-ce pas la poésie qui peut le moins mal exprimer l’histoire qui ondoie dans le vent ?

Rendez-vous aux jardins, le 1, 2 et 3 juin 2018.

Chanson Le cul dans l'herbe tendre de Serge Gainsbourg et Michel Colombier, chantée par Michel Simon et Serge Gainsbourg (1968).

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