Certains mentionnent la Comtesse de Ségur seulement parce qu’elle fait partie du cadre réglementaire des références obligées. On se doit de l’avoir lue comme d’avoir lu Jules Verne. On se doit d’avoir pratiqué la bibliothèque rose quand on est une fille, la bibliothèque verte quand on est un garçon…etc.

Enfants lisant dans un salon en 1955
Enfants lisant dans un salon en 1955 © Getty / American Stock Archive

Gide qui multiplia pourtant les aveux – ou les demi-aveux – se refusait à admettre qu’il avait pris du plaisir avec la comtesse de Ségur…

D’autres la mentionnent seulement parce qu’elle fait partie du cadre réglementaire des références obligées. On se doit de l’avoir lue comme d’avoir lu Jules Verne. On se doit d’avoir pratiqué la bibliothèque rose quand on est une fille, la bibliothèque verte quand on est un garçon… Etc.

Plutôt que répéter un palmarès convenu, il est autrement excitant de garder vivantes ses lectures d’enfance telles qu’elles ont été. Sans y appliquer les censures a posteriori qu’imprime l’expérience acquise. Si on a lu avec passion la comtesse de Ségur, il faut le dire. Et si on a été dupe du petit monde mi-aristocratique mi-paysan, qu’elle décrivait, il faut en sourire, sans chercher à s’excuser.

En réalité, ce qu’on aimait, c’est que tout était en l’air au château de Fleurville et qu’on avait la liberté d’y explorer le désordre - pour peu qu’on sache lire un livre jusqu’au bout. La comtesse connaissait bien l’âme enfantine et on s’y reconnaissait, voilà tout.

Mais faire revenir en nous ces premiers plaisirs n’est pas une tâche simple. Cela suppose de se laisser guider par l’enfant qu’on a été. 

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  • Michel ZinkAcadémicien, médiéviste, écrivain et philologue
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