Membres de "La Montagne" à l'Assemblée constituante de 1848
Membres de "La Montagne" à l'Assemblée constituante de 1848 © domaine public / BNF
Combien d’auteurs du XIXème imaginaient une histoire dessinée à l’avance ? Hugo pensait qu’elle était entre les mains de Dieu dont le peuple était l’instrument. Marx qu’une marche irrépressible conduisait au progrès, la bourgeoisie puis la classe ouvrière y tenant, chacune à leur tour, leur rôle. Aujourd’hui, dans l’effondrement généralisé des idéologies, il n’est plus possible de caser le peuple dans des courants bien définis dont on serait assuré du devenir… Ce n’est pas seulement le devenir du peuple qui n’est plus prévisible, c’est l’avenir qui devient illisible. Le recours à l’histoire s’en trouve changé. Est-ce très utile de parler encore de marche de l’histoire ? Le grand philosophe allemand Walter Benjamin, quand il se réfugia à Paris pour fuir le nazisme, disait que le plus urgent, c’était de sauver les traces alors que l’histoire occidentale de la liberté menaçait de s’effondrer. Maintenant que nous nous interrogeons sur les périls que court la République, il peut être utile de retrouver tout un écheveau de pratiques qui entretinrent sa flamme au long du XIXème. Le monde ouvrier croyait alors dur comme fer que la liberté politique devait être accomplie par la liberté sociale : la perfection de la République croît en raison de la liberté de tous et de chacun. Les hommes du temps de la République sociale et démocratique de 1848, les hommes - et les femmes- de la République de l’atelier et de l’association n’ont pas changé le système. Mais maintenant qu’aucun système n’apporte plus l’espoir, leurs pratiques, même inachevées, ouvrent soudain des perspectives.
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