Le souvenir du Temple est farouchement gardé par une communauté de sensibilités restées fidèles. Il passe par des images et des témoignages écrits qui se sont multipliés à partir de la Restauration. Par des reliques aussi.

La famille royale à la prison du Temple en 1793 par Jean-Baptiste Mallet
La famille royale à la prison du Temple en 1793 par Jean-Baptiste Mallet © Getty / Heritage Images

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Rediffusion du 27/09/2018

Louis XVI puis Marie Antoinette et enfin Madame Elisabeth, la sœur du roi, ont été tour à tour guillotinés puis c’est Louis XVII qui s’est éteint, silencieusement, au printemps 1795. Seule des captifs du Temple survivra la fille aînée, Marie-Thérèse, qu’un échange avec l’Autriche libèrera et qu’on verra réapparaîtra à Bâle : fantôme de 17 ans, tout de noir vêtue.

On ne compte pas les récits qui prétendent narrer la survie de Louis  XVII. Evadé, caché, il est partout et nulle part. Son sort a fait rêver des Français de toute origine. En revanche, le récit de la captivité de la famille n’est pas partagé également. L’école républicaine ne s’y attarde pas. La télévision et le cinéma ne s’y risquent guère : pourtant la reconstitution de l’intérieur du donjon coûterait moins cher que celle des grandes journées révolutionnaires… En revanche, le souvenir du Temple est farouchement gardé par une communauté de sensibilités restées fidèles. Il passe par des images et des témoignages écrits qui se sont multipliés à partir de la Restauration. Par des reliques aussi : dans le film de Pierre Schoeller, « Un peuple et son roi », on voit un spectateur de l’exécution du 21 janvier recueillir dans son mouchoir le sang du roi : on imagine quelle circulation connaîtra l’objet.

Il ne suffit pas de nommer les Bourbons Capet pour qu’ils disparaissent de l’horizon imaginaire des Français. Une monarchie, quand elle tombe du haut des siècles, survit dans les mémoires; certaines tombes ne se referment pas aisément : on pourrait prolonger à l’infini les formules si justes de Chateaubriand.

Il est sûr, en tout cas, que le sort réservé à la famille royale n’a pas témoigné en faveur de l’exemplarité de la Révolution mais plutôt de la dignité de la famille royale. Il prouve aussi l’utilité du martyre. Dans ces années-là, le comportement des prisonniers du Temple a  davantage servi la survivance de l’idée monarchique que les déclarations rétrogrades et les complots avortés des émigrés.

Bibliographie

  • Hélène Becquet Louis XVII Perrin
  • Hélène Becquet Marie-Thérèse de France. L'orpheline du Temple Perrin
  • Anne Bernet Madame Elisabeth. Soeur de Louis XVI, celle qui aurait dû être roi Tallandier
  • Emmanuel de Waresquiel Juger la reine. 14, 15, 16 octobre 1793 Tallandier
  • Charles-Eloi Vial Les derniers feux de la monarchie. La cour au siècle des révolutions, 1789-1870 Perrin
  • Charles-Eloi Vial La famille royale au temple. Le remords de la Révolution 1792-1795 Perrin
Les invités
  • Charles-Eloi VialArchiviste-paléographe, conservateur au département des Manuscrits de la BNF
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