Pour évoquer le polémiste Voltaire et sa pensée anticléricale, l'écrivain André Versaille, biographe du philosophe, est l'invité de Jean Lebrun dans cette émission de La Marche de l'Histoire.

Au long de sa vie passablement agitée, « Monsieur le Multiforme » n'a évidemment pas toujours tenu le même discours en matière de religion, mais il s'est toujours inscrit entre deux bornes : ni fanatisme, ni athéisme. 

Voltaire écrit en 1771 :

L'athéisme et le fanatisme sont deux monstres qui peuvent dévorer et déchirer la société. L'athée dans son erreur conserve sa raison, qui lui coupe les griffes alors que le fanatisme est atteint d'une folie continuelle.

C'est dans ses dernières années qu'on peut en effet le mieux saisir le langage de Voltaire en la matière. Auparavant, il a pu varier selon le moment, l'opportunité, le genre littéraire qu'il pratiquait. Mais, après 1762 et l'affaire Calas, il habite pleinement sa vérité.

Sa célébrité et sa fortune le protègent, l'âge le libère. Depuis son château de Ferney, à la frontière helvétique, il expérimente la fonction du guetteur d'idées : chaque fois qu'il le peut, il sonne l'alarme contre les dévots de tous poils. Depuis, le rôle a été repris des milliers de fois. Mais le dernier Voltaire, le Voltaire septuagénaire, l'emporte souvent sur ses successeurs par la grâce de son style : le goût du trait et de la pointe, la légèreté de l'écriture... 

C'est, peut-être, le premier intellectuel au sens que donnera au mot l'affaire Dreyfus mais aussi, loin de tout dieu qui l'aurait culpabilisé, le dernier intellectuel qui donne l'impression d'être heureux...

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