Martin Luther, c’est la rencontre d’une conscience et d’un peuple. Elle s’est peu à peu faite au long des années 1520 sur des choix de première importance

Martin Luther, détail du tableau de Cranach l'ancien peint en 1529
Martin Luther, détail du tableau de Cranach l'ancien peint en 1529 © Getty / Imagno /

Martin Luther, c’est la rencontre d’une conscience et d’un peuple. Elle s’est peu à peu faite au long des années 1520 sur des choix de première importance. Mais la première cristallisation dont on date communément le début de la Réforme luthérienne a eu lieu dès 1517 sur un sujet très polémique : les indulgences. En présentant celles-ci comme autant de dispenses de purgatoire et de créances sur le salut, Rome se conduisait comme une "banque du trésor de Dieu" et le simple moine Luther, comme son premier carré de partisans, s’estimait autorisé à dénoncer ce commerce comme un trafic. Sans s’attaquer nommément au Pape. Du moins dans un premier temps. L’Église, plutôt que de chercher une solution de vérité, préféra imposer à Luther toutes sortes de tribulations qui lui firent prendre des positions de plus en plus radicales. En une douzaine d’années, la rupture fut consommée et l’idée de chrétienté brisée par la sécession de nombre de princes et de villes d’Allemagne qui se ralliaient à la confession de foi luthérienne.

L’anniversaire de la Réforme pourrait réveiller la fracture. Sauf qu’il est envisagé par les protestants, non comme une célébration qui nourrirait la confrontation, mais comme une commémoration qui peut rassembler. De leur côté, les papes récents insistent sur l’idée que les chrétiens des différentes confessions pouvaient utiliser des formes qui leur étaient propres au service d’une réalisation appelée finalement à être commune. « Que tous soient un », recommande l’Évangile de Jean.

C’est muni de ce viatique, fourni par ses prédécesseurs, que le pape François est reçu par l’archevêque de l’Église luthérienne de Suède pour l’ouverture du demi-millénaire de la Réforme. Le dit archevêque est une femme : les catholiques suédois reprochent toujours aux luthériens leur trop grande « permissivité » tandis que les luthériens attendent toujours de l’Église l’abandon du vocabulaire des indulgences. Et ces questions périphériques en dissimulent d’autres, plus centrales, qui ne sont pas non plus réglées.

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