Par le passé, si on ne laissait pas les animaux mourir de vieillesse, il était fréquent qu’on s’en débarrasse à la hâte, en les jetant ci ou là : en 1900, on retrouvait bon an mal an 10.000 chiens morts dans la Seine. Autrement, c’était à l'équarrisseur de leur faire un sort qui soit utile à la société des hommes.

Une feme et son chien dans un cimetière pour animaux domestiques
Une feme et son chien dans un cimetière pour animaux domestiques © Getty / Johner Images

Ni le cimetière chrétien, ni le cimetière républicains n’admettent les animaux dans leur enceinte. En milieu catholique, on craignait le culte qui aurait pu être rendu à des animaux guérisseurs et, généralement, on ne reconnaissait pas d’âme aux animaux, ou seulement de dimensions mineures. En milieu républicain, on s’en tenait au bon sens populaire rural : chacun sa place, l’animal est au service de l’homme.

100 000 chiens, 11 millions de chevaux engagés entre 1914 et 1918. Les massacres d’animaux de la Grande Guerre ont contribué à faire réfléchir. Comment inhumer ces compagnons des armées qui n’étaient sans doute pas fâchés de leur fausser compagnie ? 

Mais auparavant, le niveau de sensibilité s’était peu à peu élevé notamment dans les milieux bourgeois et aristocratiques qui commençaient dès le XIXème à enterrer leurs animaux domestiques dans leurs propriétés. On sait combien ce mouvement s’est étendu à notre époque de lotissements et de banlieues pavillonnaires.

Le cimetière des animaux d’Asnières est bien connu. Fondé en 1899, il a été imité dans quelques sites de moindre dimension mais, en réalité, il reste marginal. Les pratiques individuelles dans les familles sont mal connues. Elles accordaient autrefois une tombe aux animaux en récompense pour leur fidélité ou leurs services rendus. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Et la vogue de la crémation, là aussi, modifie la donne.

Bibliographie :

  • Eric Baratay, L'Eglise et l'animal, éditions du cerf
  • Eric Baratay, La société des animaux. De la Révolution à la Libération, éditions de La Martinière
  • Eric Baratay, Bêtes des tranchées, CNRS éditions
  • Eric Baratay, Biographies animales, Babelio
  • Élisabeth de Fontenay, Le silence des bêtes, Fayard
  • Jean-Claude Schmitt, Le saint lévrier, Guinefort, guérisseur d'enfants depuis le XIIIème siècle, Flammarion
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