Comme Dt Jekyll et Mr Hyde.=

C’est un fait saisissant de l’année écoulée : les réseaux sociaux ont influencé comme jamais… le traitement de l’information.

Leur irruption dans le champ médiatique n’est pas nouvelle.

Mais jamais leur puissance n’était apparue aussi flagrante que lors des attentats de janvier et de novembre.

Une puissance pour le meilleur, et pour le pire.

Dr Jekyll d’abord. Twitter, en particulier, c’est la possibilité d’une information quasi-immédiate. Parce que c’est une sorte de rédaction… géante.

Présente partout ou presque.

Lors des attentats de novembre, les informations ont commencé à circuler sur le réseau social aux 140 signes… 40’ avant les premières éditions spéciales en radio et en télévision, près d’une heure avant la première dépêche de l’Agence France Presse.

La concentration de journalistes habitant dans le quartier concerné a accentué le phénomène. Quelques comptes Twitter présentaient en effet des garanties de fiabilité.

Le meilleur également, en termes de solidarité. Le mot dièse « porte ouverte » a permis à de nombreux Parisiens de trouver immédiatement refuge. L’application « Je suis en sécurité » sur Facebook a permis à 5 millions de Français de rassurer rapidement leurs proches.

L’efficacité enfin, en termes de mobilisation.

« Je suis Charlie » ou « Je suis en terrasse » sont autant de formules de ralliement nées sur les réseaux sociaux.

Dans une autre gamme, la propagation de la photo d’Aylan, cet enfant syrien mort sur une plage turque, doit beaucoup à Twitter et à son mot-clé, « L’humanité échouée ».

Le meilleur… et le pire

Mr Hyde de l’information… Quand les réseaux sociaux se mettent à propager à la vitesse de l’éclair… des rumeurs sans fondement.

Le 8 et le 9 janvier, attaques contre des synagogues. Le 13 novembre au soir, cris de joie en Seine St Denis à l’annonce des attentats. Le 15 novembre, fusillades place de la République ou dans le quartier du Marais.

Autant d’informations erronées.

Mais en partie répercutées par les médias, le 15 novembre en particulier. Avec le risque de déclencher des mouvements de panique. Quand on va trop vite, on dit des bêtises.

Mr Hyde aussi, parce que Twitter en particulier, est devenu le réseau préféré des extrémistes. Le tweet d’un groupuscule d’extrême droite est à l’origine de la rumeur du 13 novembre sur les prétendues scènes de liesse en banlieue.

Et surtout les assassins du groupe Etat islamique utilisent les réseaux sociaux. A la fois pour communiquer entre eux. Et pour diffuser la peur.

La fascination des médias classiques pour Twitter et Facebook est donc en partie malsaine et contreproductive.

Prenons les réseaux sociaux pour ce qu’ils sont.

Un mélange de téléphone. D’agora. Et de communauté d’entraide.

Mais certainement pas, à eux seuls, une source d’information fiable.

Ou alors Mr Hyde a déjà gagné.

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