Comme la victoire de François Fillon, le jet de l'éponge de François Hollande a pris la presse par surprise.

Encore raté… Depuis des mois, le bruit médiatique dominant nous annonçait que François Hollande serait à nouveau candidat à l’Elysée.

Tout comme pendant des mois, il avait prédit qu’Alain Juppé allait remporter la primaire de droite. Caramba, encore raté !

Pourquoi ?

D’abord la décision du chef de l’Etat a été… tardive. Prise sans doute avant-hier soir, pas avant. Il y a donc eu… longue hésitation. Reste qu’une bonne partie de la presse s’était auto persuadée que l’hésitation était feinte. Et que candidature il y aurait.

C’est un effet de l’Histoire : les hommes politiques nous ont donné l’habitude de vouloir s’accrocher au pouvoir. Par réflexe pavlovien, les médias en avaient donc déduit que François Hollande ferait la même chose. Plus étonnant, sans doute n’avons-nous pas écouté avec suffisamment d’attention ce que disait le Président. Un paradoxe tant, on le sait, les journalistes le voient beaucoup. Mais le voir ce n’est pas nécessairement l’écouter. Et quand on relit ses propos, on s’aperçoit qu’hésitation il y a toujours eu. C’est sans doute un penchant naturel de sa personnalité.

Enfin, ces erreurs de pronostic à répétition nous montrent combien il peut y avoir de vacuité à vouloir faire du journalisme de cartomancie. Que d’encre et de salive dilapidées à vouloir prédire l’avenir. Une dérive que l’on retrouve dans le recours excessif aux sondages : ces enquêtes, qui ne sont jamais que des photographies à un instant T, se voient toujours prêter par les médias des vertus prédictives… absurdes.

Alain Juppé vient d’en faire l’expérience.

Président ou commentateur

Si la presse n'a pas vu le coup venir, elle a néanmoins joué un rôle dans ce jet de l'éponge.

François Hollande est avant tout une victime de son propre bilan et de la cacophonie qui a régulièrement accompagné sa gouvernance.

Il est ensuite une victime, non pas de la presse, mais de sa propre relation à la presse. Par sa propension à parler beaucoup aux journalistes, notamment en « off », il a creusé sa propre tombe… D’abord, cette tendance témoigne d’une confiance excessive dans les médias. La presse, comme on vient de le voir, n’écoute pas toujours ce qu’on lui dit. Et ne retient parfois que ce qui l’arrange.

Ensuite, ce penchant désacralise la fonction dans l’esprit des journalistes. Du coup, les articles reflètent cette désacralisation, qui se propage dans l’esprit du public. Le Président parle trop… pour un Président.

En renonçant au pouvoir, François Hollande se grandit. Et il se libère d’un poids. Il va donc pouvoir endosser à nouveau un rôle dans lequel la presse le sait excellent : un commentateur vif et éclairé de la vie politique !

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