Vous décryptez pour nous une image ou une question journalistique qui a marqué la semaine…

Plus exactement aujourd’hui une question qui a marqué l’année écoulée et qui ne manquera pas de marquer à nouveau l’année à venir…

A-t-on encore droit à la vie privée ?

L’année 2014 avait commencé avec la photo d’un président de la République sur un scooter, pour rendre visite à sa Belle.

Elle s’est achevée avec la photo d’un dirigeant du Front National en week-end avec son compagnon à Vienne…

La question soulevée par Florian Philippot est essentielle. Elle a d’ailleurs régulièrement agité, tout au long de l’année écoulée, la conférence de rédaction de France Inter…

Quand la presse possède des informations sur la vie sentimentale ou sexuelle d’une personne publique, doit-elle se taire en privilégiant le respect de la vie privée ?

Ou… publier en privilégiant le droit à l’information du public ?

Ces deux notions souvent contradictoires sont également défendues par la loi…

Mais au fil des ans, l’évolution semble irréversible….

En d’autres termes, plus ça va, moins la vie privée est respectée…

La responsabilité en incombe en partie… aux dirigeants politiques, certains n’hésitant pas à instrumentaliser leur vie privée à des fins publiques…. Elle en incombe aussi aux hésitations des tribunaux : ils ont rendu ces derniers temps des décisions contradictoires sur le sujet…

Il y a 8 jours, la justice a condamné le magazine Closer pour ses photos sur Florian Philippot, mais quelques mois plus tôt la Cour d’appel de Paris avait légitimé la publication d’informations sur la vie privée d’un autre dirigeant du Front National, Steeve Briiois. La responsabilité en incombe enfin et surtout… à la presse.

Pas à la presse « people » qui, après tout, fait son métier en traquant les personnalités : elle répond à une demande vieille comme le monde, la soif de commérages.

Non, le fait nouveau, c’est l’évolution de la presse généraliste qui désormais emboite le pas à la presse « people ».

Les grands médias, aiguillonnés par des réseaux sociaux qui instituent une forme d’espionnage généralisé, semblent, pour la plupart, avoir pris leur partie de cette tendance à tout dévoiler des secrets de chambre à coucher.

Comme si la compétence d’un dirigeant politique avait quelque lien que ce soit avec sa fidélité ou ses orientations sexuelles.

Faut-il attendre un renversement de tendance en 2015 ?

On peut toujours rêver… !!

Souhaiter d’abord que la justice se prononce : une position claire de la Cour de Cassation sur la frontière entre protection de la vie privée et droit à l’information, serait bienvenue.

Et des condamnations à des sanctions financières dissuasives pourraient avoir quelque efficacité.

Ça c’est possible.

Souhaiter ensuite que les dirigeants politiques réalisent les risques de l’instrumentalisation de la vie privée et qu’en conséquence, ils y renoncent…

Là, ça devient déjà… plus illusoire !

Souhaiter enfin que la presse cesse de se complaire à relayer des ragots d’alcôve, sous couvert d’un prétendu intérêt général.

Qu’elle s’interroge sur les non-dits homophobes ou puritains de bon nombre de ces révélations, et… sur la tyrannie de la transparence… Et qu’elle consacre… moins d’énergie à planquer devant les garçonnières, et plus à enquêter sur les financements opaques de la vie publique.

Ça s’appelle une bonne résolution du début de l’année ! On peut toujours rêver !

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