C''est une « bulle » qui contient essentiellement du vide !

Nadine Morano
Nadine Morano © Max PPP
Et c’est une bulle fabriquée… par les médias ! Premier rouage du mécanisme, samedi soir : Nadine Morano est invitée dans une émission « d’infotainment », comme disent les Américains. Entre information et divertissement. Le concept c’est de faire du buzz, donc d’inviter des clients dont on sait qu’ils peuvent déraper avec des propos simplistes. Avec Morano, c’est… garantie sur facture ! Ça n’a donc pas raté ! Deuxième rouage, dimanche et lundi : comme l’émission est très regardée par le microcosme médiatico-politique… Twitter, cette version numérique du dîner en ville des journalistes, place en quelques heures… « Morano » en tête de ses mots clés (vous verrez les statistiques sur notre site !) Les chaines d’information continue embrayent, puisque leur logique est la même. A ce stade, les principaux médias traitent le sujet uniquement en bref. En conférence de rédaction à France Inter, jusqu’à mardi soir, on choisit d’ignorer Morano. Délibérément. **Le mimétisme médiatique** Troisième rouage, le « mimétisme » médiatique finit par gagner. Nadine Morano se retrouve invitée dans la matinale d’une grande radio. Les dirigeants politiques, aiguillonnés par le ram-dam, n’ont plus d’autre choix que de réagir. Après 4 jours de tergiversation, Nicolas Sarkozy annonce des sanctions. La bulle est devenue si grosse que la machine devient.. inarrêtable ! Une du Parisien jeudi matin. : « Le CAS Morano » Voilà donc l’exemple d’une fabrication médiatique, avec ses trois ingrédients: 1. la priorité donnée aux formules excessives, auxquels on prête abusivement la qualité d’incarner la pensée de la majorité silencieuse, 1. le rôle de Twitter qui comme tous les réseaux sociaux se passionne pour les propos où il n’y a pas de « surmoi », 1. la tendance des médias à tous se regarder en chiens de faïence. **Un sujet légitime ?** On peut objecter que les propos de Nadine Morano n'ont pas été inventés. On peut également objecter que Nadine Morano, constitue un invité légitime dans les médias, puisque c’est une ancienne ministre et secrétaire d’Etat. Sauf qu’elle doit l’essentiel de son parcours politique… à ses saillies dans la presse ! Morano, c’est donc comme Nabila, d’abord une création médiatique, auto légitimée par les médias. Autre objection possible : cette affaire aurait le mérite de montrer combien le discours xénophobe, nourri de contre-vérités historiques, gagnerait du terrain en France. Mais, franchement, là on fait semblant de découvrir la Lune !: Pas besoin de la « race blanche » de Nadine Morano pour en faire le constat. Et là encore, si cette pensée se propage, merci qui ? Merci… les médias ! Ou du moins ceux qui font le choix de privilégier les polémistes aux intellectuels et les peurs passionnelles aux raisonnements nuancés. Au bout du compte, les seuls vainqueurs sont… le Front National… et les « adorateurs » de l’audimat !
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