Cette image d'Emmanuel Macron grimpant à bord du bateau qui le conduit à l'Elysée, vous n'avez pas pu y échapper. Pourquoi a-t-elle autant séduit les médias ?

Il est sur le ponton de Bercy… D’un pas alerte, il s’apprête à grimper à bord du bateau qui va le conduire à l’Elysée, pour présenter sa démission.

Cette image d’Emmanuel Macron, vous n’avez pas pu y échapper. JT, quotidiens, hebdomadaires… Comme ici, par exemple, double page dans le Point et Paris Match.

Pourquoi cette image a-t-elle autant séduit les médias ?

D’abord, elle est nouvelle… Personne n’avait encore fait le coup de la navette fluviale, pour claquer la porte.

Ensuite, les médias s’intéressent toujours au « moyen de transport » du politique. Nicolas Sarkozy en cow-boy, sur un cheval en Camargue.

François Hollande dans son avion, touché par la foudre. Ou Christiane Taubira en écolo sur son vélo, quittant la place Vendôme.

Le mode de transport, c’est la métaphore assurée : la presse adore ! Cette fois-ci, avec Emmanuel Macron, la navette fluviale a donc suscité un florilège de titres « marins: « Macron quitte le navire », « Macron largue les amarres », « Macron torpille Hollande », etc

Sous-entendu : Macron peut-il être… un capitaine dans la tempête ?

Le vernis et la haute mer

Est-ce de l'information ou de la communication ? Pour formuler la question autrement : ces images du ministre quittant Bercy par la Seine, sont-elles… le fruit de l’habileté de photographes planqués au bon endroit ? Ou des photos initiées par le ministre de l’Economie ?

La vérité est sans doute… entre les deux.

C’était déjà le cas lors de l’épisode photo précédent avec Emmanuel Macron : ces images estivales sur la plage de Biarritz, parues dans Paris Match.

Le ministre l’a reconnu depuis : il n’avait pas posé, mais il savait qu’un ou plusieurs photographes étaient à proximité. C’est malin ! Du coup, les photos semblent naturelles, puisqu’elles semblent… volées ! Mais en réalité, elles ne doivent rien au hasard. L’homme se sait photographié. Le choix de la navette fluviale est donc … lui aussi… délibéré !

Et ce détail n’en est pas un : il est très révélateur de la relation des médias à Emmanuel Macron. Les journalistes devinent l’opération de communication. Mais pour l’instant, la presse reste fascinée par le trentenaire. Parce qu’il continue d’avoir l’attrait du neuf. Comme la navette.

Parce qu’il est télégénique et franc-tireur. Et parce qu’il fait vendre. Forte audience au JT de TF1, très bon tirage du numéro estival de Match.

Reste que le vernis, ça ne fonctionne qu’un temps, même avec les médias. Emmanuel Macron va devoir dévoiler ce qu’il y a sous le vernis.

La navette fluviale c’est bien. Mais pour diriger un pays, mieux vaut maitriser… la pêche en haute mer.

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