Le sujet a d’abord agité… la justice.

Puis… l’Assemblée Nationale. Et maintenant… les rédactions. Y compris à France Inter.

Nicolas Sarkozy lors du 1er congrès des "Républicains"
Nicolas Sarkozy lors du 1er congrès des "Républicains" © MaxPPP/EPA/Yoan Valat

Comment qualifier les membres de l’ex UMP, désormais rebaptisé Les Républicains ?

Les mots ont un sens et leur connotation (positive ou négative) peut avoir un impact dans l’inconscient collectif.

La responsabilité des médias est donc réelle.

Petite leçon de grammaire. Première option : l’utilisation du simple adjectif qualificatif.

Style : un tel est… « député républicain » ou… Nicolas Sarkozy est « président républicain ».

Cette option, on s’en doute, plairait bien à l’impétrant, mais elle doit être immédiatement écartée : son sous-entendu exclue les autres responsables politiques du champ de la République alors que tous s’en revendiquent.

La même observation ne vaut pas pour les socialistes ou les communistes, par exemple.

Puisqu’ils sont les seuls à revendiquer leur qualificatif.

Deuxième option, attention au dédale grammatical !: l’adjonction du substantif. Exemple : un tel est… « député des Républicains » ou bien Nicolas Sarkozy est… « président des Républicains »…

Cette option connait déjà un certain succès dans la presse. A tort : elle n’est guère meilleure que la première solution.

La « ficelle sémantique » est la même et fait le jeu de l’ex UMP.

L'option du sigle

LR.

Pour… « les Républicains ».

Ca pose problème, mais pour des raisons… inverses.

D’abord, parce que dans le sigle « les Républicains, le « l » de « les » est écrit en lettre minuscule. Et seul R est en lettres capitales. Donc à ce compte-là, pourquoi ne pas dire LPS pour le parti socialiste.

Ensuite et surtout, parce que les membres de l’ex UMP ne veulent pas être nommés de cette façon.

Le risque, en utilisant: « LR » ; c’est donc d’être perçu, fut-ce à tort, comme critique par essence vis-à-vis de l’ex UMP.

Pas de solution

Il y a une quatrième option.

Si l’on veut être neutre, il conviendrait de dire… Un tel est… « député « Les Républicains » (entre guillemets). Ou bien un tel est » député du parti « les Républicains ».

Cela signifie clairement que « Les Républicains », c’est désormais une sorte de marque politique.

J’espère que vous me suivez, cette histoire fait un peu Shadoks et Gibus… !!

Le hic c’est que cette solution, la plus juste, ne va sans doute pas marcher !!

Pour trois raisons. D’abord cette formulation est longue et « sonne » mal… Or les médias privilégient ce qui est court et sonne bien. Fut-ce inexact.

C’est le drame de la course et de la superficialité : la forme plutôt que le fond.

Ensuite, la presse cherche toujours à varier les formulations pour éviter les répétitions.

Quitte à prendre le risque d’être imprécis.

Enfin, les politiques eux-mêmes vont sans doute pencher pour une formulation plus simple, à savoir, souvenez-vous, la 2ème option : « député des Républicains ». Et les journalistes, par facilité ou par connivence avec le politique, vont faire de même.

C’est un peu ce qui est arrivé avec « Daech » qui supplante progressivement la formulation pourtant plus pertinente qu’est « l’organisation Etat islamique ».

Mais ça on en reparlera une autre fois…

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