A Lyon, intervention des CRS dans la manifestations des lycéens et étudiants contre la loi El Khomri
A Lyon, intervention des CRS dans la manifestations des lycéens et étudiants contre la loi El Khomri © MaxPPP

Elles se multiplient et s’intensifient au fil des manifestations.

Et elles sont au cœur d’une « guerre » des images, d’une bataille de communication… Avec au milieu : les journalistes…

D’un côté : les violences de ceux que l’on appelle « les casseurs ».

Plusieurs reportages cette semaine sur le sujet, notamment sur TF1, France 2 ou dans Paris Match.

Avec ces images montrant des policiers en sang, après de terribles agressions comme à Nantes. Les journalistes y sont d’autant plus sensibles qu’ils sont, eux aussi, régulièrement pris à partie par les éléments les plus extrémistes des manifs.

A l'arrière plan, deux autres paramètres favorisent un traitement médiatique fort de ces violences contre les forces de l’ordre :

  • La prégnance, à tort ou à raison, du sentiment d’insécurité,

  • Et l’omniprésence de la thématique policière dans notre univers culturel, cinématographique et télévisuel.

La puissance des réseaux sociaux

En face, de l'autre côté, il y a les violences policières.

Et là, les images viennent d’abord des réseaux sociaux.

Pour la première fois en France, on assiste à une généralisation de l’utilisation du smartphone pour enregistrer les éventuels dérapages policiers. Sur les parcours des manifestations, on voit désormais régulièrement le graffiti : « Filme un flic ! »…

La « viralité » de ces documents sur Internet est très forte.. 2 millions de vues pour les images montrant un CRS frappant un jeune homme devant le lycée Bergson. 650.000 vues pour une autre vidéo intitulée « La matraque facile ».

Et le mot dièse « violences policières » est régulièrement dans les dominantes du fil Twitter.

Comme toujours sur les réseaux sociaux, circulent aussi des images erronées, issues par exemple de manifestations à l’étranger sans aucun rapport avec le sujet.

Néanmoins, plusieurs de ces vidéos sont avérées. Et reprises par les médias traditionnels. D’autant plus reprises… qu’elles… fragilisent l’idée d’une « lune de miel » post attentats entre les Français et leur police…. Et qu’elles… réaniment dans notre inconscient collectif… l’imaginaire de Mai 68, avec ses slogans (CRS SS), ou ses images iconiques (le lanceur de pierre).

Une violence gratuite

Est-ce qu’on n’en fait pas trop sur ces violences ?

C’est une question récurrente dans vos courriers d’auditeurs.

Certains d’entre vous nous reprochent d’en faire… trop sur les violences policières, d’autres… trop sur les violences des casseurs, au détriment du débat sur la loi el Khomri.

On pourrait ajouter que les journalistes découvrent la Lune, tant les dérapages dans les manifs, c’est vieux comme le monde.

Tout cela contient une part de vérité.

Néanmoins, la presse a, me semble-t-il, raison d’accorder une extrême vigilance à ces sujets. D’autant que la violence, croissante depuis deux mois, semble gratuite, sans motivation. Et c’est particulièrement troublant, dans les deux cas.

En démocratie, les violences policières sont évidemment inadmissibles.

Mais les agressions délibérées contre les professionnels qui garantissent notre sécurité, le sont, tout autant.

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