Avant, il y avait « Sexe, drogue et rock n’roll » ! Maintenant, il y a « Sexe, gros sous, et ballon rond » !

Pardonnez la trivialité, mais le triptyque « du cul, de l’argent, du foot », c’est le cocktail idéal pour faire la une des médias !

Mélangeons un scénario de mauvais téléfilm sur un chantage de bas étage, et un épisode grotesque des émissions façon Secret Story….

Karim Benzema a été placé en garde à vue mercredi matin
Karim Benzema a été placé en garde à vue mercredi matin © Christophe Ena/AP/SIPA

Ajoutons-y la vénération des réseaux sociaux pour ces sujets entre pipole et fait divers qui prêtent à la formule assassine en 2 lignes.

Secouez le tout et le tour est joué !

A l’heure de la télé réalité et du règne des apparences, voilà le sujet en Une de l’information, en particulier sur les chaines d’info continue.

On est aussi dans une nouvelle incarnation du « double corps du roi ». On l’avait déjà vu à l’œuvre avec la vie privée du président de la République, sous Nicolas Sarkozy puis sous François Hollande.

Cette fois, ce sont des stars du sport, mais c’est pareil.

Puisque le piment, l’élément déclencheur, c’est quand même une vidéo d’ébats sexuels avec un footballeur. Un sujet qui théoriquement, ne nous regarde pas.

La communication et la stigmatisation

Il y a au moins deux autres paramètres qui expliquent l'emballement médiatique.

D’abord, comme dans le scandale de la FIFA, il y a une revanche de la presse contre la communication ultra verrouillée qui entoure désormais le monde du foot.

Toutes les stars du ballon rond, multimillionnaires en puissance, sont entourées de communicants en tous genres. Leurs comptes Facebook ou Twitter sont gérés par des agents. Bref, leur parole est devenue totalement aseptisée.

Les journalistes le supportent de moins en moins, donc quand ça dérape, ils sautent sur l’occasion

L’autre paramètre, c’est le « profil » de Benzema. Et là il y a quelque chose de troublant dans l’emballement en cours.

Parce qu’il y a depuis longtemps une forme de stigmatisation sous-jacente dans le traitement du cas Benzema. C’est un fils d’immigré algérien, enfant de Bron, banlieue lyonnaise.

Et quand il est sélectionné en équipe de France, il ne chante pas la Marseillaise. Du coup, à l’heure d’un FN chaque jour plus présent dans le débat, ses mésaventures pathétiques avec la justice, prêtent à instrumentalisation politique.

Un certain Robert Ménard ne s’en est pas privé dès hier.

Et certains commentaires dans les médias entérinent la même stigmatisation.

La presse va-t-elle trop loin ?

On a le droit de s’interroger.

Certes, Karim Benzema est mis en examen.

Certes, son statut de star lui impose une certaine responsabilité.

Et certes c’est sans doute un enfant gâté.

Mais dans un sport où l’argent coule à flots, ça n’a rien que de très banal.

Et au vu du lynchage médiatique, on en oublierait presque que l’homme demeure présumé innocent.

Quelle place accorder à une histoire minable d’extorsion de fonds sur une partie de jambes en l’air ? Le sujet fait débat au sein de la rédaction de France Inter.

Du ballon ou de la presse, qui tourne le moins rond, je vous laisse juges !!!

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