Sauf si vous étiez partis sur Mars, vous n’avez pas pu échapper, au feuilleton « Règlement de comptes chez les Le Pen »…

Dans cette fascination médiatique pour la scène du parricide, une image et un mot ont émergé de façon récurrente…

L’image, c’est celle de Jean-Marie Le Pen quittant le siège du FN, à bord de sa voiture, fenêtre ouverte.

Image abondamment diffusée, en télévision comme en presse écrite.

On y voit le fondateur du parti d’extrême droite, assis sur le siège du passager, avec une moue amère, la ceinture de sécurité attachée, lui rentrant dans le coup.

Choix d’une image symbolique : Jean-Marie Le Pen est prisonnier, et… reconduit vers la sortie. En voiture certes. Mais vers la sortie. Seule échappatoire : la fenêtre délibérément ouverte, pour laisser entrer les micros des journalistes, petit appel d’air…

En résumé, une posture… de victime.

Relayée par les médias.

Jean-Marie Le Pen monté de lui même à la tribune du 1er mai
Jean-Marie Le Pen monté de lui même à la tribune du 1er mai © MaxPPP/IP3/Morin Isore
Jean-Marie Le Pen monté de lui même à la tribune du 1er mai
Jean-Marie Le Pen monté de lui même à la tribune du 1er mai © MaxPPP/IP3/Morin Isore

tQuelques jours plus tôt, le 1er mai, on avait déjà eu droit à une auzre image saisissante :

Jean-Marie Le Pen, montant à la tribune, délibérément vêtu d’un imperméable rouge vif, et recueillant les vivats. Un choix de couleur iconoclaste au FN, le faisant apparaître comme un sympathique trouble-fête…

Le patriarche

Un mot est également revenu: un qualificatif utilisé dans presque tous les médias, pour désigner le fondateur du Front National.

Pour nombre de journalistes, Jean-Marie Le Pen est donc désormais « le patriarche »…

Définition, selon le dictionnaire Robert, au choix :

  • Chef d’Eglise très important,

  • Chef de famille d’une grande longévité et fécondité,

  • Ou bien « Vieillard qui mène une vie simple et paisible entourée d’une grande famille ».

    Le mot est clairement à connotation positive, presque affectueuse.

    Qu’on y songe ici : Jean-Marie Le Pen serait donc devenu une respectable figure tutélaire et protectrice, gage de sagesse…

Là encore, sous-entendu, une victime.

Une étrange sensation…

La fascination de la presse pour cet épisode est compréhensible, tant il recycle des mythes ancestraux :

  • Un soupçon d’Œdipe freudien,

  • Un zeste de drame Shakespearien façon Roi Lear,

  • Le tout couronné d’un duel César-Brutus, « Tu Quoque mi fili »…

Au bout du compte, à vous de choisir, pour déterminer qui, du père ou de la fille, est le bon, et qui est le méchant.

En réalité, peu importe. L’essentiel est ailleurs.

Au bout du compte, on se retrouve, en Une, avec un psychodrame « victimisant » et complaisant, où le regard se focalise une nouvelle fois sur les personnes, au détriment des idées !

Sortez les mouchoirs et rangez le cerveau dans le tiroir !

C’est pourtant le programme des hommes politiques qui devrait nous importer.

Et là, on n’est pas sûr d’avoir saisi la différence entre le père et la fille.

Certes en désaccord quant à leur vision du passé, mais sur leurs propositions pour l’avenir, c’est moins net.

L’épisode des statistiques ethniques de Béziers est venu utilement nous rappeler, qu’à l’extrême droite, l’essentiel est ailleurs que dans les pièces de boulevard… « psychologisantes ».

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