Dominique-Jean Chertier, vient d'être nommé médiateur pour sortir du conflit que connaît Radio France
Dominique-Jean Chertier, vient d'être nommé médiateur pour sortir du conflit que connaît Radio France © MaxPPP/IP3/Marlene Awaad/

Quand les médias parlent… des médias, le traitement est unanime, uniquement s’ils se sentent tous concernés. Exemple : les assassinats de Charlie Hebdo en janvier, ou bien la cyberattaque contre TV5 Monde, hier. Traitement abondant partout, parce que tous les médias se sentent menacés, et veulent défendre la liberté d’expression. Mais quand il s’agit d’un enjeu économique ou d’un conflit social, comme c’est le cas à Radio France, l’attitude des autres titres de presse est, à l’inverse, loin d’être homogène.

Dominique-Jean Chertier, vient d'être nommé médiateur pour sortir du conflit que connaît Radio France
Dominique-Jean Chertier, vient d'être nommé médiateur pour sortir du conflit que connaît Radio France © MaxPPP/IP3/Marlene Awaad/

La presse écrite est très attentive, depuis le début, à la grève à Radio France.

Au-delà des révélations du Canard Enchaîné…. tous les quotidiens et magazines, réservent de pleines pages au sujet, avec reportages, interviews, analyses.

Et même… plusieurs titres de Unes.

L’intérêt de la presse écrite pour le média radio est récurrent. Pour plusieurs raisons :

  • Les lecteurs de presse écrite sont aussi de forts consommateurs de radio,

  • Les liens entre les journalistes de presse écrite et de radio sont souvent réels, avec des profils socio-culturels assez proches,

  • Enfin, dans le cas d’espèce, on sent poindre le sentiment d’une « communauté de destin », à savoir… les soucis financiers, déjà bien connus de la presse écrite.

La télévision s’en « lave les mains », ou presque !

En trois semaines de conflit, les grands JT de TF1 et de France 2 ont quasiment fait … l’impasse.

Un seul sujet à 20h, le 1er avril sur TF1, le 2 avril sur France 2.

Seules les chaines d’information continue en font un peu plus.

Mais le volume reste faible comparé à la presse écrite.

A l’exception de quelques « niches », le journalisme télévisé ne s’intéresse que rarement à l’actualité des autres médias, regardée avec un brin de condescendance.

Vous ne verrez jamais un programme télévisé « s’abaisser » à renvoyer sur un programme radio qu’elle jugerait intéressant.

De plus, la radio est un concurrent de la télévision, en particulier sur les grands rendez-vous d’information du matin et de la mi-journée. Les déboires de la première font donc les affaires de la seconde.

Constat frappant : le seul moment, depuis 3 semaines, où toutes les télévisions ont abondamment traité le sujet Radio France, c’est lors de la publication du rapport de la Cour des Comptes critiquant vivement la gestion de l’entreprise.

Et peu importe si ce rapport contenait quelques inexactitudes dans les constats et surtout des préconisations contestables, il était… pain bénit pour nos concurrents !

Radios privées et radios publiques

D’un côté, … les radios privées.

En termes d’audience, elles ont tout à gagner des « perturbations d’antenne » sur les chaines de Radio France.

Donc, elles parlent de nous le moins possible.

C’est compréhensible.

De l’autre côté, les stations de Radio France, France Inter en tête. Vous l’avez entendu, nous parlons abondamment du conflit.

Pourquoi ? Parce que les journalistes, au demeurant peu nombreux à faire la grève, estiment avoir, auprès de vous, nos auditeurs, un devoir d’information sur le sujet.

C’est à regarder à l’aune de l’attitude des médias privés quand ils sont à leur tour des « objets » de l’actualité. Ça arrive. Dans ces cas-là, ils sont, pour la plupart, plutôt prompts à mettre la poussière sous le tapis !

Ici, et bien que la tâche soit malaisée, il est difficile d’être neutre sur sa propre entreprise… le conflit est couvert avec une liberté absolue par les journalistes concernés.

C’est cela aussi la liberté éditoriale dans le service public,

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