La semaine dernière, c’était le « déluge » qui faisait la Une des médias ; cette semaine, ce sont les détritus… Des raisons logiques expliquent cette forte couverture médiatique.

La Seine en crue jusque dans la capitale
La Seine en crue jusque dans la capitale © Maxppp / MaxPPP

Pour les inondations, il s’agissait objectivement de crues exceptionnelles. Dans les deux cas, le ravage des eaux comme le désagrément des ordures, le sujet est… « concernant ».

Il touche potentiellement toutes les couches sociales. Chacun peut s’identifier aux « victimes ». Qui plus est, ces deux événements peuvent perturber le bon déroulement de l’Euro 2016. Or ce dernier est, plus qu’un simple événement sportif, un moment symbolique où l’attention internationale se focalise sur la France. Autant de raisons qui justifient donc une attention journalistique soutenue.

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Mais il y a aussi des explications plus irrationnelles…

La première, un classique médiatique, c’est l’aspect spectaculaire de ces images.

Spectaculaire, les eaux en furie qui engloutissent tout sur leur passage. Spectaculaires, les ordures en pagaille devant le très chic café de Flore.

Deuxième paramètre : ces événements, ajoutons-y également les perturbations du RER, se produisent à Paris ou à proximité de la capitale.

La presse nationale y est plus sensible, et il est matériellement plus facile pour les rédactions de déployer rapidement des reporters sur le terrain.

Troisième facteur, le « fond de sauce mythologique des idées reçues »… S’y bousculent pêle-mêle :

  • Le réchauffement climatique, même s’il n’a que peu de rapport avec les crues de la semaine dernière,

  • Le sentiment d’une radicalisation incontrôlable de certains syndicats, même si les grèves et les conflits sociaux sont une tradition française

  • Notre tendance nationale à l’autodénigrement : nous irions de Charybde en Sylla…

  • Et la mythologie de l’Ancien Testament, façon Les dix plaies de l’Egypte qui s’abattraient sur la France.

    Résultat : un traitement médiatique surabondant…

Exemple : dans certains JT, la semaine dernière, la part prise par les sujets sur les inondations est montée jusqu’à 95% du volume éditorial du journal… !!

Terrorisme ??

Le risque, c'est de basculer dans le déraisonnable…

Et y compris avec… des arrière-pensées politiques.

D’abord, on en vient à dépeindre un pays totalement bloqué, quitte à mélanger les grèves et les inondations.

Or il n’est pas TOTALEMENT bloqué.

Puis, embarqué dans la spirale du « toujours plus », on en vient à utiliser un vocabulaire excessif.

Que les usagers soient « pris en otage », par les grévistes, soit !

Mais que l’on qualifie la stratégie syndicale de « guérilla », et l’on bascule alors dans un vocable inapproprié. A fortiori si l’on se met à parler de « terrorisme » pour évoquer un blocage d’usine, ou à comparer la CGT à l’organisation Etat Islamique.

Les mots ont un sens.

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